Mons: juges, avocats et magistrats se cotisent pour l'achat d'un défibrillateur

Plusieurs personnes du palais de justice se sont cotisées pour acheter un défibrillateur
Plusieurs personnes du palais de justice se sont cotisées pour acheter un défibrillateur - © Thibaut Deplanque

Une crise cardiaque peut survenir n'importe quand et n'importe où. Comme au tribunal par exemple où un avocat a été pris en mai 2016 d'un violent malaise à Mons. Plusieurs personnes ont sollicité le cabinet du ministre de la Justice pour l’achat d’un appareil de secours mais leur demande a été refusée.

Il aura fallu le décès d’un avocat en plein palais de justice pour se rendre compte que le bâtiment n’était pas équipé d’un défibrillateur. Le personnel a alors sollicité le cabinet du ministre de la Justice Koen Geens pour l’achat d’un appareil qui coûte entre 1500 et 2500€. Mais restrictions budgétaires oblige, leur demande a été refusée. Incompréhensible pour le bâtonnier du barreau de Mons Jean-Emmanuel Barthelemy : "On peut quand même considérer que c’est prioritaire dans un lieu qui est extrêmement fréquenté et où les émotions sont fortes. Quand on a des outils qui permettent de sauver des vies humaines, il faut pouvoir prévoir des infrastructures à cet égard-là."

Si le ministère prévoit des formations de secours pour son personnel, ce n’est pas suffisant pour le bâtonnier : "C’est bien d’avoir des formations en premiers secours, mais il faut aussi que le personnel formé dispose du matériel nécessaire pour pouvoir réagir. S’il est formé mais qu’il n’a pas de matériels, on peut se demander si les budgets sont bien alloués."

Des récoltes de fonds dignes d’un voyage scolaire

Face à la réaction du cabinet du ministre, un élan de solidarité s’est formé. Magistrats, juges, avocats et membres du personnel ont décidé de se cotiser pour récolter les fonds nécessaires. Une récolte aux allures de financements de voyage scolaire. "On a fait comme lors d’une fancy-fair, explique Emmanuel Mathieu, conseiller de la cour d’appel de Mons et initiateur du projet. On a vendu des chocolats et organisé des soupers entre nous. Au bout d’un an, on est parvenu à récolter suffisamment d’argent."

Installé depuis une semaine, le défibrillateur devra être entretenu chaque année. Coût de l’entretien, plus ou moins 125 euros par an. Mais là aussi le ministère n’interviendra pas. Comble, certains palais de justice sont équipés de défibrillateurs… mais ils n’appartiennent pas au SPF Justice. "Au palais de justice de Huy, il existe un défibrillateur parce qu’il est aussi fréquenté par des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur", détaille Emmanuel Mathieu. Et de conclure de manière ironique : "Je suppose qu’il est plus difficile de remplacer un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. Je dis ça à titre de boutade, mais je ne ris pas parce qu’il y a eu mort d’homme. Il ne faut pas l’oublier."

En Belgique très peu de Palais de Justice disposent d’un défibrillateur.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK