Mons: George-Louis Bouchez veut créer une liste de rassemblement pour ébranler le PS

Avec la création d'un nouveau parti, Georges-Louis Bouchez veut ébranler la majorité absolue PS
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Avec la création d'un nouveau parti, Georges-Louis Bouchez veut ébranler la majorité absolue PS - © Belga - Bruno Fahy

Le MR George-Louis Bouchez, trublion du paysage politique montois, n’a jamais eu besoin de prétextes pour planifier ses sorties médiatiques. Il a pourtant choisi ce mercredi, un an après son éviction de la majorité montoise, pour faire part de sa nouvelle initiative.

L’ex-échevin des finances du Collège Communal montois souhaite empêcher le PS de conserver sa majorité absolue à Mons, il propose donc une liste d’ouverture pour les communales de 2018. Cette liste ne sera pas une liste MR, il n’y aura donc pas de logo, ni de références au Mouvement Réformateur.

Un programme pourtant très bleu

Si cette nouvelle liste, dont on ne connaît pas encore le nom, a gommé les références formelles au MR, son projet en garde tout de même des accents libéraux bien marqués: ainsi, par exemple, l’accent est mis sur la priorité à la sécurité et l’embauche de policiers plutôt que d’ assistants sociaux. Dans ses objectifs, Georges-Louis Bouchez clame également sans détour sa volonté d’attirer à Mons "de jeunes adultes qui travaillent et qui viendraient s’installer dans des villas quatre façades".

Une volonté, une vision et un programme que les intéressés par cette liste devront évidemment partager s’ils veulent être candidats. Pour l’instant les huit conseillers MR de Mons sont partants. Georges-Louis Bouchez prétend par ailleurs que des personnalités d'autres partis se sont déjà montrées intéressées.  Mais il ne donne aucun nom. Pas moyen de vérifier, donc.

La vision politique de GLB pour la ville

D’abord Georges-Louis Bouchez souhaite que la population montoise atteigne 100 000 habitants (elle en compte 95 000 aujourd’hui). Pour ce faire, il veut rendre la ville "séduisante et agréable" à vivre. Il désire un changement d’orientation de la politique communale étant donné que, pour lui, la majorité actuelle n’a pas de projet de ville. Fini la politique de prestige, il veut même revenir sur certains investissements culturels parce qu'il considère qu' il n’y a pas que l’image qui compte.

Les axes du programme

Le chef de file du MR montois désire d’abord travailler sur la sécurité. Il fait le constat que la Police ne travaille pas dans de bonnes conditions. Il voudrait ensuite améliorer le service à la population (mobilité, propreté, cadre de vie) en partant du principe que les gens choisissent de s’installer dans une ville parce qu’elle est agréable et qu’on s’y sent bien, pas parce qu’une belle exposition y est programmée. Enfin, il projette une augmentation des services administratifs en ouvrant le samedi matin et en offrant des services sur internet.

Une nouvelle jeunesse

Pour Georges-Louis Bouchez, la cité du Doudou souffre d’un déficit de jeunes et, pour illustrer son propos, il compare avec la référence wallonne en la matière: Louvain-La-Neuve qui compte 24 000 étudiants. Avec 12 000 étudiants, Mons est la deuxième ville wallonne (en nombre d'étudiants) mais alors que la ville de LLN n’arrête pas de s’étendre, il constate qu’il n’en va pas de même pour Mons où, dès le week-end, les étudiants désertent la cité.

Pour combler ce déficit de 18-35 ans, il souhaite l’implantation à Mons de jeunes. Pour lui, on construit beaucoup trop d’appartements à Mons. Sa volonté, attirer à Mons une population qui travaille plus loin, à Bruxelles ou dans la périphérie, et qui aura la possibilité d’investir dans des villas quatre façades, inaccessibles financièrement près de la capitale, mais abordables pour elle à Mons.

La démarche politique

Pour lui, le moyen de contrer la majorité absolue socialiste qui s’essouffle et qui souffre de l’usure du pouvoir est le rassemblement au sein d’un nouveau parti composé de personnes venant de divers horizons en vue de l’éclosion d’une nouvelle majorité communale. L’objectif est donc de rassembler suffisamment de personnes autour de lui pour arriver à créer cette nouvelle liste dont le nom sera dévoilé le 14 octobre.

Le cdH et Ecolo relativisent

Du côté du cdH montois, Savine Moucheron n’a pas semblé manifester un enthousiasme démesuré pour l’initiative "ça ressemble beaucoup au programme porté par le MR en 2012, pointe-t-elle, notamment en ce qui concerne la sécurité. Je n’ai pas de souci avec le concept d’une liste d’ouverture. Le cdH l’a d’ailleurs déjà pratiqué. Mais ici, j’ai plutôt l’impression que le but est d’utiliser des personnalités et des combats pour servir les intérêts personnels de Georges-Louis Bouchez. Je crains que ce soit une ouverture déguisée".

Pas de bonds de joie non plus du côté de chez Ecolo où Charlotte De Jaer se borne à constater "J’ai l’impression que c’est une liste contre Elio Di Rupo, plutôt qu’autour d’un projet de ville. Georges-Louis Bouchez réinvente l’eau chaude. Chez Ecolo, on ouvre nos listes depuis longtemps à des candidats de la Société Civile".

Et la cheffe de groupe Ecolo de poursuivre "Sur ce que j’ai entendu du programme, je constate aussi que nous avons des divergences fondamentales. Un exemple : pousser les gens vers les villas 4 façades, ça va à l’encontre de notre vision de l’aménagement du territoire. En tout cas, pour l’instant, nous n’avons pas été contactés par Georges-Louis Bouchez".

Cela dit beaucoup d’eau va encore passer sur la Trouille d’ici le scrutin communal d’octobre 2018 et il est encore un peu tôt pour évaluer les chances de succès de la future liste face au PS montois et à un Elio Di Rupo de plus en plus contesté.

 

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