Mons: du porno sur un compte "Snapchat", au nom de l'université

Mons: du porno sur un compte "Snapchat", au nom de l'université
Mons: du porno sur un compte "Snapchat", au nom de l'université - © Tous droits réservés

Strip-teases, fellations, poses suggestives : des images particulièrement choquantes ont circulé sur le compte "snap_Umons" (aujourd'hui supprimé). L'université ne décolère pas et compte porter plainte. Le point sur cette affaire, et ce réseau social basé sur l'anonymat.

"Quand j'ai vu ça, tout d'abord, j'ai ri. On suivait ça un peu comme une série, toutes ces images qui nous arrivaient", raconte une étudiante montoise. "Mais très vite on s'est dit que ça allait trop loin", renchérit l'une de ses amies. "Des jeunes en pleine action, en vidéo. Des fellations. Des pratiques vraiment... bizarres. Ça me dégoûtait, plutôt !"

"J'ai trouvé une photo de moi (...) plutôt désagréable comme expérience"

L'une de ces jeunes filles s'est elle-même retrouvée sur ce snapchat. "J'ai trouvé une photo de moi, oui, postée par une amie. Heureusement, je suis habillée là-dessus, mais la personne qui a posté ça a rajouté un commentaire salace, comme je tire la langue... Bon. J'ai attendu que ça passe, il n'y avait rien à faire pour enlever ça. Ça a duré 24 heures... plutôt désagréable comme expérience !"

Et preuve que les images "éphémères" ne le sont pas tant que ça... Ces étudiantes nous montrent toute une collection de captures d'écran, saisies au vol lorsque le compte existait encore. 

À l'UMons, "l'affaire Snapchat" a fait trembler les murs. L'université s'estime salie. Elle entend bien poursuivre ses investigations pour découvrir l'administrateur caché derrière ce compte "porno".

"C'est une triste première", constate Valery Saintghislain, responsable communication à l'UMons. "Nous sommes très présents sur les réseaux sociaux et sommes confrontés pour la première fois à ce type de nouvelle. Nous allons réagir très vite, et très durement".

"Un réseau social basé sur l'anonymat, opaque, évanescent"

Pratiquement, l'université a contacté l'administrateur anonyme du compte Snapchat pour lui demander de supprimer immédiatement le compte. "Nous avons aussi contacté la société Snapchat pour lui demander de bloquer le compte. Troisième chose, et la plus importante, nous avons déposé plainte pour utilisation abusive et nuisible de notre nom, UMons, qui est une marque déposée. Un dommage a été causé à notre nom et notre réputation".

"Et qui nous dit que c'est bel et bien quelqu'un de l'UMons qui a créé ce compte ? Et que ce sont des étudiants de l'UMons sur ces images ? Impossible à savoir, à ce stade", insiste Anthony Anciaux, responsable des réseaux sociaux à l'UMons. "Par définition, Snapchat est un réseau social basé sur l'anonymat. C'est un réseau opaque, évanescent. Les photos, vidéos disparaissent après quelques temps, quelques secondes. Vous pouvez créer un compte sur base d'une simple adresse email. C'est bien là le problème, pour savoir qui est derrière tout cela ! N'importe qui, n'importe quelle organisation pourrait avoir le problème."

L'université a réalisé des captures d'écrans de certaines images, de commentaires postés, pour constituer un dossier et déposer plainte.

Le compte "snap_umons" a été retiré ce mardi. Un autre compte aurait fait son apparition, lui aussi disparu depuis lors.

"Ça met de l'ambiance pendant le blocus"

L'université de Liège a déjà connu ce phénomène. Cinq ou six comptes Snapchats ont été créés "en cascade". Les étudiantes que nous avons rencontrées avaient vu les photos propagées sur ces Snapchats. "C'était quand même beaucoup plus soft. Des étudiants en guindaille, parfois nus, mais pas toujours ! Alors qu'ici, à Mons, ça a très très vite dérapé. Les photos 'normales' étaient vraiment rares, la majorité étaient des photos ou des vidéos porno".

De quoi alimenter bien des discussions sur Internet, entre deux pages de syllabus... "Ça met de l'ambiance pendant le blocus", nous confiait un étudiant...

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