Mons : des musiciens en classe, pour remplacer les concerts

Mons : des musiciens en classe, pour remplacer les concerts
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Mons : des musiciens en classe, pour remplacer les concerts - © Tous droits réservés

C’est une initiative de l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie. Se déplacer dans les écoles, pour offrir aux enfants des rencontres "privilégiées", à la découverte d’un métier qu’ils connaissent peu, et d’instruments remplis de "secrets". Une violoniste a rendu visite à des enfants de première primaire. Verdict : "trop cool".

Dans cette classe, on a une expression fétiche. "Se mettre dans sa maison". Ça signifie se concentrer, les mains sur les yeux (si possible fermés). C’est dans cette position qu’ils écoutent Anne Pingen, violoniste de l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, leur jouer une célèbre mélodie. L’institutrice ne semble pas certaine qu’ils vont "tenir" toute la longueur du morceau. Hé bien si ! Certains dodelinent de la tête, d’autres bougent un peu les mains, un doigt en l’air, au rythme de la musique. Puis viennent les impressions, "à chaud".

"Moi j’ai ressenti trois émotions. De la joie. De la tristesse. Et je me sentais aussi un peu excité", raconte un enfant, au premier rang. De la joie, et de la tristesse, les deux ensemble ? Est-ce possible ? Mais oui bien sûr ! C’est de cela qu’on parle, tout d’abord. Cette palette d’émotions vers lesquelles nous transportent Anne et son violon.
Puis vient "l’auscultation" de l’engin. En quoi est-il fait ? Et cette baguette de bois, savent-ils comment elle s’appelle ? "euh… Une archet ?" "Un archet, oui, très bien", corrige Anne. Elle leur montre comment jouer aigu ou grave. Fort ou doucement. "Il y a une télécommande ?", demande un des enfants. Même pas ! "Celle-là, on ne me l’avait pas encore faite !" nous confiera la musicienne, un peu plus tard.

Elle apprécie beaucoup ces rencontres "en face-à-face" avec les enfants. La proximité est plus marquée que lors d’un concert. Les sujets de discussion sont plus flexibles. "Evidemment il faut que ce soit pédagogique, et léger à la fois. Il y a parfois des moments plus sérieux, d'autres drôles, parce qu'ils sont comme ça! Et il y a tout ça dans la musique!" Le but ? "Ouvrir la porte d’un monde qu’ils connaissent peu, d’un métier pas très courant. Leur dire aussi que je l’aime ce métier, que je l'aime cet instrument !" Pour elle, ces sorties en classe sont comme "de petits rayons de soleil", dans un contexte assez morose.

Anne connaît les petits trucs pour capter leur attention, les faire rire. Un pizzicato par ci. Un air de "Tom et Jerry" par là. Et puis cette pub, là, c’est quoi encore, le produit ? Personne ne reviendra sur son nom. Mais tout le monde l’a déjà entendue !

A l’issue de la séance, les enfants semblent conquis. Ils ont d’ailleurs été très sages. "Moi j’aimerais trop faire du violon. Quand on voit comment elle joue ! Temps en temps, ça fait peur, temps en temps ça fait des frissons". "Moi j’avais envie de dormir tellement ça me relaxait". Ils ont vibré, au son du violon. Ils ont appris aussi, pas mal de choses sur cet instrument. "Il paraît qu’il existe depuis 500 ans ! Le temps des chevaliers !" "Et l’archet, c’est fait en bois et en crin". Le crin ? A Mons, ça leur parle ! "Ben oui… C’est comme LE DOUDOU !!!!" On risque de s’en passer, cette année encore. Le dragon viendra-t-il en classe, comme les musiciens de l’orchestre ?

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