Mons : des cyclistes gonflés à bloc proposent un safari urbain pour alerter les élus avec humour

A Mons, les cyclistes doivent parfois partager le trottoir avec les piétons.
A Mons, les cyclistes doivent parfois partager le trottoir avec les piétons. - © DR

Les membres du collectif Les cyclistes gonflés à bloc ont de l’humour. Beaucoup d’humour. Ils aiment la bicyclette aussi. Et ils viennent de sortir un tout nouveau produit touristique montois: Mons 2018 - Le safari urbain de la Capitale européenne de la blague cycliste.

Le projet du collectif est sérieux, mais le collectif le dit avec humour. "Nous voulons proposer un nouveau produit touristique pour les amateurs de sensations fortes et de sports extrêmes", glisse Luc Leens, chef de file du collectif.

Le collectif propose quatre parcours, du moins dangereux au plus risqué. "Cela permet de découvrir les aménagements loufoques, absurdes, farfelus ou encore dangereux auxquels les cyclistes sont confrontés", souligne Luc Leens.

Un de ses comparses, Luc Beeusart, qui a abandonné la voiture pour le vélo, dresse une liste non-exhaustive des problèmes : absence de pistes cyclables, piste cyclable par morceaux, des trous dans les pistes, des pistes qui se terminent dans la boue, absence de panneaux, des trottoirs partagés avec les piétons... "Cela n’encourage pas les Montois à la pratique du vélo", lâche-t-il. "Le vélo est pourtant une solution pour les problèmes de mobilité."

"Nous voulons leur montrer la réalité du terrain"

Le collectif est prêt à emmener les Montois et les touristes dans leur sillage. Ils veulent également, bien évidemment, interpeller la Ville de Mons et la Région wallonne.

"Nous voulons leur montrer la réalité du terrain, qu’ils se rendent compte des dangers, de la situation à laquelle sont confrontés les cyclistes", indique Luc Leens. "On répond parfois qu’il n’y a pas de demande, qu’il n’y a pas de cyclistes à Mons. Mais il faut un plan global pour créer les conditions et pousser les citoyens à rouler à vélo. La Ville veut par exemple dépenser 15 millions d’euros pour un parking pour 400 voitures. Eh bien, nous pourrions faire un parking de 200 places et récupérer la moitié du budget pour des aménagements pour les cyclistes. Ce sera toujours mieux que de faire une piste cyclable sur une route, puis plus rien, puis une piste cyclable, puis plus rien... Il faut un plan global."

Le collectif dispose déjà d'un dépliant, d'un plan dynamique qui permet de visualiser les obstacles, et même d'un fichier d'itinéraire GPS à télécharger sur tablette ou smartphone. Ils prévoient également la création d'une application.

Et parce que les Cyclistes gonflés à bloc ne manquent vraiment pas d’humour, ils vont solliciter un soutien financier des pouvoirs publics communaux, provinciaux et régionaux, qui seront bien entendu les premiers invités à tester le safari.

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