Mons: comment Khalid El Bakraoui est passé entre les mailles du filet

Le Procureur du roi Christian Henry explique que c'est en ne respectant pas les mesures imposées par le Tribunal d'Application des peines que Khalid El Bakraoui a pu disparaître.
Le Procureur du roi Christian Henry explique que c'est en ne respectant pas les mesures imposées par le Tribunal d'Application des peines que Khalid El Bakraoui a pu disparaître. - © Charlotte Legrand

L'un des kamikazes des attentats de Bruxelles, Khalid El Bakraoui, qui s'est fait exploser dans le métro Maelbeek, est passé par Mons, dans le cadre de son dossier de libération conditionnelle. Dans quelles circonstances ? Simplement parce que, pour désengorger les tribunaux à Bruxelles, les dossiers de libérations conditionnelles francophones sont envoyés dans les tribunaux de Mons ou de Liège.

Le T.A.P

C’est ainsi que celui de Khalid El Bakraoui, condamné en 2011, pour des vols avec violence est arrivé entre les mains du Tribunal d'applications des peines de Mons. Il sera libéré en décembre 2013, sous conditions, et se fera intercepter à Bruxelles en mai 2015, alors qu’il se trouve en compagnie d'un ex-détenu.

Etant donné le non-respect d’une des conditions, il repasse devant le Tribunal. "A cette occasion le tribunal d’Application des peines rappelle à l’intéressé qu’il doit respecter l’ensemble des conditions qui lui ont été imposées, explique Christian Henry, procureur du roi de Mons, y compris celle qui lui interdit d’avoir de contacts avec ses ex-complices et que, moyennant cela, sa libération conditionnelle se poursuivra". Khalid El Bakraoui est alors laissé en liberté.

Il a disparu

Le problème c'est qu'ensuite, Khalid El Bakraoui a disparu. Il ne s’est plus présenté auprès de son assistant de Justice. Le dossier revient une nouvelle fois à Mons mais "l’intéressé n’est plus à son adresse, il n'a pas signalé son changement d’adresse à son assistant de justice et il a changé de numéro de téléphone. Il ne répond donc plus aux convocations. Dans ces circonstances, la décision logique de révoquer la libération conditionnelle a été prise et il n’y a eu dans cette affaire aucune perte de temps".

Tout s’est donc passé dans les règles, les procédures ont toutes été respectées mais Khalid El Bakraoui avait bel et bien disparu. Il restera en cavale jusqu’à mardi dernier, jour où il mourra dans les circonstances que l’on connaît.

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