Mons-Borinage: 669 accidents du travail en 2016 au sein des pouvoirs locaux

669 accidents du travail, en 2016, au sein des pouvoirs locaux de Mons-Borinage
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669 accidents du travail, en 2016, au sein des pouvoirs locaux de Mons-Borinage - © Jeremy Giltaire

Un éboueur percuté par une voiture, un agent du CPAS qui se fracture la jambe en tombant d'une échelle, un ouvrier communal qui s'ouvre le bras avec une tronçonneuse... Voilà trois exemples d'accidents du travail auxquels peut être confronté le personnel des communes, des intercommunales et des CPAS. 

Ce mercredi midi, des militants du syndicat CGSP ont mené une action de sensibilisation, dans l'Avenue de Gaulle, à Mons. Avec l'aide d'une maquilleuse, ils ont mis en scène des accidents du travail, interprétés par de faux blessés affublés de plaies impressionnantes. "L'objectif est d'attirer l'attention de la population sur les risques courus par les agents des pouvoirs locaux, explique Laurent Dufrasne, permanent CGSP-Admi. On stigmatise souvent les fonctionnaires sur les absences, le nombre de jours de congé de maladie... Nous avons fait le recensement pour l'année 2016 au sein des pouvoirs locaux de Mons-Borinage, ce sont plus de 18 000 journées de travail perdues à causes des accidents du travail, soit l'équivalent de 86 agents en équivalent temps plein".

Laxisme des pouvoirs publics?

C'est la première fois que la CGSP fait le tour des 35 administrations locales, CPAS et autres intercommunales de la région de Mons-Borinage pour répertorier le nombre d'accidents de travail : 669 pour l'année 2016. "Cela peut être des accidents de la route, des chutes, des blessures sur des machines, mais aussi des problèmes de dos ou de cervicales, à cause d'un écran d'ordinateur mal positionné. Les burn-out sont également repris désormais sur la liste des accidents du travail", précise Laurent Dufrasne.

Une loi belge, datant de 1996, oblige tous les employeurs à mener une politique de prévention et de protection des travailleurs. Notamment via les CPPT, les comités de prévention et de protection au travail, qui se réunissent dans les entreprises, en général une fois par mois. "Le problème, selon la CGSP, c'est que beaucoup de pouvoirs locaux ne respectent pas cette réglementation. Dans certaines administrations, il n'y a jamais de réunion pour discuter des risques liés au travail et des systèmes de protection et de prévention qui pourraient être mises en place".

Le syndicat espère donc attirer l'attention du grand public et des pouvoirs locaux sur cette problématique. Outre la mise en scène "dramatisée" des accidents du travail, les militants ont aussi distribué des tracts aux automobilistes.