Mon jardin extraordinaire: les petits trains de Jean-Ghislain

A côté du potager
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A côté du potager - © J-G Nutte

Jean-Ghislain Nutte, un habitant de Bléharies, a conduit des trains pendant 30 ans, avant d'installer tout un réseau ferroviaire dans sa propriété. 500 mètres de rail! Un travail de titan, mais surtout une passion qu'il aime faire partager. Visite.

Le dépôt est tout neuf, il l'a construit tout spécialement pour entreposer ses locomotives et ses wagons. Des petits bijoux, reproduits à l'échelle. "C'est ici que j'entrepose les locomotives et les wagons, j’entrepose 5 wagons, une loco à vapeur et une locomotive diesel. Le local est tout nouveau mais sa passion remonte à très longtemps ! J’ai commencé comme tout le monde avec le train miniature. J’ai découvert ce qu’était la vapeur vive vers 12-14 ans. Puis j’ai eu envie de faire cette échelle. Y’a des machines faites au 1/8è, d’autres au 1/10è…"

Un dépôt, c'est bien. Encore faut-il acheminer les locos jusqu'au réseau. "C'est la fonction du pont tournant, que j'ai terminé tout récemment. Il sert à dispatcher le matériel roulant du dépôt au réseau". Jean-Ghislain n'est jamais à court d'idées. "On essaye de se rapprocher au plus près de la réalité, ou viser le côté pratique. Ici, cette table élévatrice, est utilisée par les personnes qui veulent faire rouler leur locomotive sur mon circuit !" Car il reçoit parfois du monde, sur le réseau.

Des amateurs de belles mécaniques, et de "tchou-tchouuuuu". Des enfants embarquent parfois sur le petit train. "Je peux prendre jusqu'à 20 personnes", nous assure Jean Ghislain. Il est toujours aux commandes de ses machines. "Question de sécurité! Je suis contre les machines téléguidées. Ce sont quand même des locomotives de 250, 300 kilos. Un train, un conducteur!"

Pendant plusieurs années, il a posé des voies, dans son jardin. Chargé des brouettes de gravier, de stabilisé. "100 brouettes de chaque, à la force des bras!". Un travail de titan. "J'ai tout fait moi même. Tout tout tout. De A à Z. j’ai commandé l'acier par longueur de 6m, j’ai tout usiné, soudé…c’est des traverses de 350 mm de long, que j'ai posées tous les 20cm". Il faut rester vigilant, car à l'image des réseaux ferroviaires "grandeur nature", les rails peuvent "bouger". "Avec les écarts de température que nous pouvons connaître, ça peut bouger un peu sur le réseau".

Toutes ses connaissances, il les a acquises petit à petit. "A l’école j’ai appris la soudure, l’ajustage et le tournage. Et au niveau des trains, j’ai été conducteur pendant 29 ans. J’ai dû arrêter à cause d’une méchante maladie. Heureusement que j’ai cette passion pour continuer à voir des trains, si vous voulez !"

Il nous emmène découvrir le parcours. "Le but est aussi de faire découvrir toutes les essences que nous avons dans le jardin. On traverse le potager, le jardin d’agrément, l’étang. Je veux que les gens aient le plaisir de rouler en petit train à vapeur, mais aussi de découvrir un beau jardin. Tout ce qui est fait ici ce n’est qu’avec les bras de mon épouse et moi-même. On fait ça à notre aise. Quand il fait bon on jardine, quand il fait mauvais je travaille dans l’atelier".

S'il y a un endroit dont il est particulièrement fier, c'est le tunnel végétal. Il aura fallu 5 ans pour atteindre le résultat voulu, et courber le bois de charmille de façon harmonieuse. "Ce tunnel fait 14 mètres de long. Le train passe systématiquement dedans, plus tard il passera 2 fois, une fois dans un sens, une fois dans l’autre". Car notre passionné a prévu d'allonger encore le parcours. "Le réseau passera à 1000 mètres, c'est prévu".

 

Pas beaucoup de répit pour Jean-Ghislain, ni sa compagne. "L’entretien réclame beaucoup d'attention. Nous avons beaucoup de végétation…Quand ce n’est pas le ramassage des feuilles, c’est la taille des arbres, le potager. Je ne suis pas que mécanicien, je suis comme tout bon jardinier quelqu'un qui aime avoir un jardin propre. Heureusement, mon épouse a la passion du train ET du jardin. Sans elle, ce ne serait pas possible". La locomotive préférée de Jean-Ghislain porte d'ailleurs le nom de son épouse, "Marie-Jo, pour Marie-Josée...", explique-t-il en riant. "L'autre train n'a pas de nom, c'est un GP38 qui roule en Amérique".

Impossible de conclure la visite sans un crochet par l'atelier. Dès qu'il fait mauvais, ou l'hiver, c'est là que se réfugie Jean-Ghislain. Il y règne un ordre méticuleux. Chaque chose à sa place! Les pièces pour les futures réalisations sont déjà prêtes pour l'assemblage. "Je m’attaque à la construction d’une nouvelle locomotive à vapeur, et j’en ai encore 2 autres à construire. Bref, du boulot pour 3 vies !" Trois pièces de la maison sont déjà réservées à la passion de Jean-Ghislain pour les trains. "Madame a demandé que j'en reste là!!".

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