Mobilité douce à Mons : les pistes d'amélioration proposées par les citoyens

Loin du centre-ville de Mons, la famille de Mathieu et d'Astrid prend du plaisir sur le chemin de l'école.
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Loin du centre-ville de Mons, la famille de Mathieu et d'Astrid prend du plaisir sur le chemin de l'école. - © A.M. RTBF

Trois familles montoises se sont portées candidates cette semaine pour relever un défi : se déplacer sans la voiture. Un challenge proposé par la ville de Mons. On a suivi les trois familles en cette semaine de la mobilité. L’occasion de tirer un bilan. De voir ce qui marche et ce qui ne va pas du tout en termes de mobilité douce à Mons. Et de faire réagir l’échevine Ecolo de la mobilité : Charlotte De Jaer. Un constat s’impose déjà : il y a du pain sur la planche pour convaincre les Montois de se débarrasser de leur voiture.

Pistes cyclables : un gros chantier

Déjà habitués à rouler à vélo, Astrid et Mathieu, enseignants dans la vie, et leurs enfants Rosaline et Oscar sont allés tous les jours de la semaine à l’école à vélo. Cuesmes-Mons. Une expérience que Mathieu qualifie d’entrée de positive : "Ça s’est bien passé globalement. Le temps était évidemment de la partie. On a pu relever le défi sans aucun problème. Ça nous donne réellement envie de continuer. On s’est rendu compte que même avec des enfants très jeunes, aller à l’école à vélo, c’était possible."

Il subsiste tout de même un gros bémol à cette belle expérience familiale : la sécurité des cyclistes à Mons. "Les pavés, les trottoirs, la circulation, les pistes cyclables qui s’interrompent… Il y a une vigilance importante à avoir. Avec des petits bouts, ça reste stressant. Mais on l’a fait. Parfois il faut pouvoir se lancer."
Une insécurité dont Charlotte De Jaer a bien conscience : " On a clairement un retard qui s’est accumulé au niveau des pistes cyclables sécurisées. Mais on est en train de le résorber avec 500.000 euros par an qui vont être investis. On compte mieux entretenir les pistes cyclables aussi. Un autre chantier : c’est la sensibilisation des automobilistes. Ils doivent arrêter de doubler les cyclistes en les frôlant, qu’ils ne savent pas qu’on peut rouler à deux de front, qu’un enfant peut rouler sur les trottoirs…"

 

Pas assez de voitures partagées

Une autre famille… Celle de Benoit et Marie-Laure. Ils habitent à Spiennes. Ils ont parcouru plus de 180 kilomètres à vélo avec leurs deux enfants cette semaine. "Notre bilan est très positif. On a tous pris du plaisir à se déplacer à vélo, chose qu’on a rarement en voiture. J’ai essayé aussi la voiture partagée. Le système Cambio. C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de bornes disponibles. C’est un système qui demande aussi de très bien préparer ses voyages. Il faut avoir le temps."

A la question de savoir si la petite famille est prête à se séparer de leur deuxième voiture, Benoit n’hésite pas. "On a clairement vu que c’était possible. Ça peut nous faire économiser entre 3000 euros et 4000 euros par an. Ça vaut le coup."
Une volonté qui fait plaisir à Charlotte De Jaer : "On sait que les habitants du grand Mons ont besoin de la voiture pour se déplacer. C’est pour ça qu’on développe les stations Cambio. Il y en a six actuellement. Mais elles sont dans le centre-ville. On va lancer un appel à projet pour voir s’il est possible d’en mettre dans les villages. On va aussi développer un maximum les parkings de covoiturage. Pratiquement à l’entrée de l’autoroute, près du centre commercial."

 

 

Des bus bondés le matin

La troisième famille qui a testé cette semaine la mobilité douce, habite à Ghlin. Elle s’est déplacée essentiellement en bus. Caroline et Patrick étaient contents d’une chose : "Ne pas vivre le stress de la voiture pendant une semaine. C’est très agréable de se faire conduire."

Mais le souci du bus, c’est le matin. "Ils sont bondés. Parfois, on doit les laisser passer car il n’y a pas moyen de rentrer dedans. Le souci aussi c'est le week-end. Je dois aller à Beaumont pour marcher. Si je veux aller en transport en commun, j'en ai pour plus de 3 heures de voyages."
Charlotte De Jaer reconnait l'incofort des transports en commun. "On est en contact avec les TEC et la SNCB pour améliorer les services. La gare de Jemappe est régulièrement vandalisée. Ce n’est pas normal. Ça crée de l’insécurité."

Mons sans voiture ?

Semaine de la mobilité ou pas, les bouchons étaient encore très nombreux à Mons. Il semble compliqué de convaincre les Montois et les navetteurs extérieurs de se déplacer autrement qu’en voiture. Ça n’effraye pas Charlotte De Jaer : "Oui les bouchons sont encore fort présents. La rentrée universitaire n’aide pas. J’espère que la nouvelle ligne Chimay Mons va convaincre les étudiants qui viennent de la botte du Hainaut de ne pas prendre leur voiture. Il va falloir aussi travailler sur les comportements. Faire comprendre aux automobilistes qu’un cycliste c’est une voiture en moins sur la route. Mais l’énergie apportée par cette semaine de la mobilité nous donne envie de redoubler d’effort."

Le GRACQ, une association qui sensibilise à la pratique du vélo, lance une application VIGILO. Un bon moyen de prévenir la ville de Mons de tous les obstacles rencontrés par les cyclistes sur la route.

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