Mobilisation des blouses blanches: arrêt de travail au Grand Hôpital de Charleroi

Les messages inscrits sur les masques en disent long sur l'état d'esprit du personnel.
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Les messages inscrits sur les masques en disent long sur l'état d'esprit du personnel. - © Sarah Devaux

Ils n' en peuvent plus. Le personnel infirmier et aide-soignant se mobilise. Il y a trop de travail et pas assez de personnel, selon eux. Reportage sur le site Notre Dame, du Grand Hôpital de Charleroi. 

SOS santé en détresse

Une minute de silence et la déléguée CNE prend la parole: "Trop, c'est trop! " Mario est hospitalisé en oncologie depuis plusieurs mois. Et il remarque ce stress, permanent : "Tout le monde fait son possible... Mais depuis que je viens, ils sont toujours débordés. Pourtant, ils sauvent des vies! "

Alors face à ce manque de personnel, l'attente peut parfois sembler interminable. Solange, une autre patiente, témoigne : "Quand on a besoin d'eux, ils ne savent pas venir tout de suite. Bien souvent, je vois qu'ils courent partout et tout le temps. Je les vois! Ils essayent d'aller le plus vite possible pour soigner les gens mais bien souvent on doit patienter parce qu'il y a plus urgent que nous." Cela dit, ces deux patients comprennent et soutiennent le mouvement des blouses blanches.

Ce n'est pas le cas de tout le monde. "Quand on est malade, on n'est pas bien. On a moins de patience. Alors certains, pressés, se montrent agressifs", explique Françoise Lévêque, infirmière depuis 30 ans et déléguée CNE. 

Le bon moment pour mettre la pression sur le gouvernement

Dans ces conditions, impossible d'envisager une carrière jusque 66 ans. Les actions vont se poursuivre dans les prochaines semaines, pour rappeler au gouvernement en formation, qu'il est urgent d'agir. "C'est le moment parce qu'on est en pleine discussion entre les partis pour former les prochaines coalitions", explique Julie Coumont, déléguée CNE soins de santé pour le Hainaut. "On doit donc leur rappeler leurs promesses de campagne et les priorités pour avoir une société en bonne santé."

Car on n'y est plus du tout précise Jeanine, infirmière depuis 20 ans "Ça ne fait que se détériorer chaque jour un peu plus. On est stressés, pressés. On doit faire plusieurs tâches à la fois. Et alors qu'on est censés terminer notre service à 20h15, on est souvent encore là à 21h30."

Prochaine mobilisation mardi prochain. Rappelons que seule la CNE couvre le mouvement. Le syndicat socialiste, par contre, n'appelle pas à la mobilisation tant qu'il n'y a pas de gouvernement.

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