Mickaël, éboueur passionné : «Je vois des sacs-poubelles et je suis heureux comme jamais»

Infatigable, passionné, motivé, déterminé,… Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire Mickaël, 27 ans. Eboueur et fier de l’être, le jeune homme nous emmène pour une tournée poubelles dans sa commune de Frasnes-Lez-Anvaing.

"On va monter dans le camion et on va mettre les gaz", annonce d’emblée le Frasnois avant d’embarquer. Ça annonce la couleur : avec Mickaël, pas le temps d’attendre. "Nuages dans les cieux mais soleil dans nos cœurs !", s’écrie-t-il sur sa petite plateforme derrière le camion, alors que démarre une tournée sous le ciel gris. Qu’à cela ne tienne, les sacs doivent être ramassés, qu’il vente ou qu’il pleuve. "Zéro déchet, c’est notre credo", sourit Mickaël.

Mais pour le jeune papa, ce boulot est loin d’être une corvée. "Quand je vois des sacs-poubelles, je suis heureux comme jamais, explique-t-il. Dès que je touche le premier sac, je suis parti dans un film en fait. C’est une histoire privilégiée entre nous et les sacs".

C’est comme si tu faisais du sport

Grand sportif, Mickaël se donne à 200% pour chaque ramassage. Après avoir sauté du camion en mouvement, il court le plus vite possible pour atteindre les sacs-poubelles, les saisir, et les balancer dans la benne. "C’est comme si tu faisais du sport, s’amuse le jeune homme entre deux sacs. Que demander de plus ? Se lever, aller au boulot alors que tu as l’impression que tu exerces une passion, une activité de loisir".

Quand Anthony a commencé à travailler avec Mickaël, il a eu du mal à croire à la passion de son collègue pour le travail d’éboueur. "Je n’y croyais pas trop, je me disais que ce n’était pas possible d’avoir une passion comme ça, raconte le chauffeur. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que c’était vraiment sa passion parce que quand il termine sa tournée poubelles, il lui reste une heure ou deux, il va prendre sa brouette et va aller désherber le centre de Frasnes et ramasser les papiers. Infatigable". Et même quand il va faire son footing après le boulot, Mickaël a du mal à ne pas s’arrêter à chaque déchet : "Quand je cours et que je vois des déchets, ça ne me fait pas plaisir. J’ai envie de les ramasser".

Quitter la précarité

Mickaël et son équipe ramassent entre 30 et 40 tonnes de poubelles par semaine. Mais les journées éprouvantes sont loin d’atteindre l’enthousiasme du jeune papa qui est fier d’exercer ce travail d’utilité publique. "Je suis issu d’une famille très très modeste, confie-t-il. J’ai côtoyé le monde la précarité quasiment toute ma vie. Je n’ai pas eu facile, notamment avec des placements en foyer. J’étais rempli de dettes et j’ai côtoyé la rue, j’ai principalement crevé de faim. J’ai eu froid aussi, j’ai passé des périodes pas faciles. J’ai même pensé à me foutre en l’air tellement j’étais à bout".

Après avoir enchaîné les intérims, Mickaël finit par être engagé comme éboueur pour la commune de Frasnes-Lez-Anvaing. "Le simple fait d’avoir un travail et une maison, de pouvoir me nourrir correctement, ce sont quand même des choses essentielles qui paraissent normales pour le commun des mortels mais pour un ex-précarisé, c’est quelque chose d’extraordinaire", explique l’éboueur qui se dit fier de voir le sourire sur le visage de son fils quand il aperçoit son père sur le camion.

La passion de Mickaël pour les poubelles n’a pas de limite, il rêve de créer un musée du sac-poubelle. "Je voudrais mettre notre métier en vitrine, en parler, et vraiment le montrer sous une autre facette", projette le jeune homme qui a déjà commencé à rassembler les sacs de plusieurs villes. Mais avant ça, il compte bien rester éboueur "jusqu’à la fin".

Si vous voulez suivre Mickaël en vidéo sur sa tournée, rendez-vous sur les pages Facebook ou Instagram de Vews.

 

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