Meurtre d'Alfred Gadenne: Nathan Duponcheel maintenu en détention pour un mois

Maître Jean-Philippe Rivière, qui défend Nathan Duponcheel, avant son entrée devant la Chambre du Conseil
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Maître Jean-Philippe Rivière, qui défend Nathan Duponcheel, avant son entrée devant la Chambre du Conseil - © Marie-Anne Brilot

La Chambre du Conseil a décidé le maintien en détention pour un mois de Nathan Duponcheel.

Inculpé il y a trois jours d’assassinat du bourgmestre de Mouscron par la juge Véronique Laloux et incarcéré, le jeune homme de 18 ans comparaissait ce vendredi devant la Chambre du Conseil à Mons qui devait décider de son maintien ou non en détention.

À l’audience, qui n’a duré qu’une dizaine de minutes, son avocat, Maître Jean-Philippe Rivière, n’a pas demandé la remise en liberté de son client.  "L' audience a été particulièrement brève dans la mesure où Nathan ne conteste absolument pas les faits, il assume sa responsabilité et il est pour l'instant dans une situation que les psychiatres qualifieraient sans doute d'état de sidération parce qu'il prend conscience de l'extrême gravité de l'acte qu'il a commis, de l'injustice totale du geste qu'il a posé, particulièrement à l'égard de quelqu'un aussi apprécié que feu Alfred Gadenne.  La suite de l'instruction sera consacrée à essayer de comprendre comment un jeune homme de dix-huit ans qui n'a jamais posé le moindre problème à personne a pu en arriver à commettre un acte aussi horrible que celui-là".

Pas de ficelles de procédure

Maïtre Rivière poursuit son intervention devant la presse en précisant "Comprendre cela ne veut pas dire justifier et ça veut encore moins dire pardonner. Nathan assume ce qu’il a fait et il sera sanctionné pour ce qu’il a fait. Il assume totalement, il n’y aura pas de ma part, et ce n’est certainement pas le souhait de Nathan, de commencer à essayer des ficelles de procédure, comme certains serpents venimeux l’ont pensé sur les réseaux sociaux".

Ce n’est pas un coup de folie

"À quinze ans, Nathan trouve son papa pendu. Le suicide de son papa, il est posé cela semble clair, par le fait qu’il ait été licencié de la ville de Mouscron et Nathan pense -et je ne dis pas que c’est le cas- que la ville de Mouscron, le grand chef qui décide de tout, c’est le bourgmestre. Dans la tête de Nathan, le responsable, avec les guillemets qui s’imposent, le responsable de la mort de son papa et bien c’est le malheureux monsieur Gadenne. Il va donc aller au cimetière parce que tout le monde sait que monsieur Gadenne est au cimetière, il va amener monsieur Gadenne près de la tombe de son papa et il va demander à monsieur Gadenne pourquoi vous n’avez pas défendu mon papa ? vous êtes le bourgmestre pourquoi ne l’avez-vous pas défendu ? Et monsieur Gadenne, et on peut parfaitement le comprendre d’après ce que nous dit Nathan va dire mon Dieu, c’est ton papa, excuse-moi, je ne t’avais pas reconnu comme tu as grandi! Et là Nathan ne comprend pas qu’en plus le bourgmestre ne l’ait pas reconnu. C’est normal, monsieur Gadenne, il est très proche de ses citoyens il voit des milliers de personnes, et là Nathan ne comprend pas…voilà ce qui se passe".

Le cutter

"Il était avec son sac scolaire dans lequel il y avait un cutter, poursuit Maître Jean-Philippe Rivière, et c’est quelque chose qu’il faudra vérifier mais il n’a pas pris le cutter comme cela dans sa poche. De toute façon, préméditation ou pas, cela ne change rien à l’horreur du geste qu’il a commis. Que les choses soient bien claires et quand bien même, ce qui n’est pas le cas, monsieur Gadenne aurait-il été responsable du licenciement, il n’était certainement pas responsable du suicide, et quand bien même aurait-ce été le cas, ce n’est pas une raison pour l’égorger comme il l’a été. Que les choses soient bien claires".

L’avocat précise alors que la juge d’instruction a désigné un psychiatre et un psychologue pour l’expertise psychiatrique de son client. Il précise que vu l’âge de Nathan au moment du traumatisme subi par le suicide de son père, 15 ans à l’époque, il a en outre suggéré à la juge de leur adjoindre un pédopsychiatre ou, en tout cas, "un psychiatre spécialisé dans la psychologie des adolescents".

Une vengeance?

"À ce stade c’est effectivement le scénario qui semble devoir être envisagé étant entendu qu’à ce stade on ne sait pas si cette vengeance vient immédiatement suite au dialogue qui se noue avec monsieur Gadenne ou s’il y avait une réelle préméditation. Une préméditation longue ça cela ne ressort pas des éléments du dossier pour l’instant mais chacun sait qu’en droit il ne faut pas y penser trois jours avant, une heure avant cela suffit".

La décision de la Chambre du Conseil était prévisible, le jeune Nathan repassera devant cette même chambre dans un mois.

 

 

Direct d'Arnaud Pilet et déclaration de Me Rivière dans le JT 13h :

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