Suite au décès de leur fils à Hornu: les parents d'Antonio portent plainte

Antonio, 14 ans, est décédé d'une septicémie à pneumocoque quelques heures après être passé par les urgences
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Antonio, 14 ans, est décédé d'une septicémie à pneumocoque quelques heures après être passé par les urgences - © Document Familial

"On a laissé mourir mon fils, on ne nous a pas pris au sérieux quand nous nous sommes présentés aux urgences de l’hôpital le 28 novembre dernier, je ne veux plus que ça arrive, on m’a enlevé mon fils et je ne souhaite ça à personne".

Youri Di Michel, le papa d’Antonio, a beaucoup de mal à évoquer ce triste weekend. "Ce samedi-là, Antonio, 14 ans,  jouait avec son frère Lorenzo, à l’étage. Il est descendu et nous a dit qu’il avait froid. Vers 10 ou 11H00,  il nous a demandé d’appeler les urgences, il tremblait et comme il n’avait pas l’habitude de se plaindre, on a appelé l’ambulance et on y est allé tout de suite ".

Vers midi, Antonio est vu par le médecin urgentiste. Son père explique alors ses antécédents médicaux. Antonio souffre d’une maladie auto-immune, on lui a enlevé la rate à l’âge de cinq ans. Il faut surveiller ses plaquettes à chaque incident.

Nous avons rappelé l’ambulance, mais c’était trop tard, Antonio est mort dans nos bras

"J’ai bien insisté pour qu’on lui administre tout de suite un antibiotique, mais les médecins ont fait des examens, et ils ont diagnostiqué un début de grippe, ils m’ont dit que les antibiotiques n’étaient pas nécessaires. Antonio a reçu un calmant, un médicament contre la fièvre et des antidouleurs. Et nous sommes rentrés chez nous ".

Le père d’Antonio explique que la santé de son fils ne s’est pas améliorée, il n’a pas pu manger, ni se lever, puis il s’est plaint de douleurs dans les jambes. Puis la peau de ses oreilles a bleui.

"Nous avons rappelé l’ambulance, mais c’était trop tard, Antonio est mort dans nos bras. Les services d’urgences ont tenté de le réanimer pendant près d’une heure, sans succès. Je ne pardonne pas. Si on avait pris la mesure du problème aux urgences ce samedi-là, il serait encore en vie, j’en suis sûr. Je ne veux pas que des problèmes comme celui-là se produise à nouveau, c’est pour ça que je porte plainte".
 

Pour l’asbl " erreur médicales ", le weekend au service des urgences pose problème

Les urgentistes ont-ils fait une erreur de diagnostic ? Antonio aurait-il pu être sauvé ? Ce sera à la justice de se prononcer dans ce cas précis. L’hôpital évoque lui le respect du secret médical et se refuse à tout commentaire. L’ASBL "Erreur médicale", elle, soutient les parents d’Antonio dans leur combat. Pour Rachida Essannarhi, les cas comme celui d’Antonio, ne sont malheureusement pas isolés, "aucun hôpital n’est complètement épargné, le risque zéro n’existe pas, mais nous avons connaissance de situations similaires dans cet hôpital précisément, avec des décès également. Et nous sommes interpellés par la prise en charge incomplète du cas du jeune Antonio. De manière générale, la prise en charge le weekend est toujours plus compliquée, parce que les urgences débordent, il n’y a pas moyen d’avoir rendez-vous chez un généraliste, donc on va à l’hôpital, et au sein des urgences , les services sont débordés ". Dans ce cas particulier, l’ASBL "Erreurs médicales" demande un rendez-vous avec la direction pour tenter d’ouvrir le dialogue et de voir si les choses peuvent être améliorées. "Nous voulons un dialogue constructif". La famille de Youri, de son côté, organise une marche silencieuse le 29 mai prochain à Hornu.

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