Lille suffoque sous les particules fines : quelle est la situation chez nous ?

Lille suffoque sous les particules fines : quelle est la situation chez nous ?
Lille suffoque sous les particules fines : quelle est la situation chez nous ? - © © PHILIPPE HUGUEN

Selon les données officielles, Lille est l’une des villes de France les plus polluées en matière de particules fines. En 2018, la métropole du Nord a dépassé plus de 60 fois le seuil maximal en particules très fines – les PM 2,5 – que l’Organisation Mondial de la Santé (OMS) recommande de pas dépasser plus de trois fois par an. C’est plus que Paris. Et la situation inquiète nos voisins puisque la pollution aux particules fines est responsable de nombreux décès chaque année.

Les particules fines, on connaît aussi chez nous

Les frontaliers doivent-ils s’inquiéter ? L’analyse des statistiques permet en tout cas de dire que la situation dans le Tournaisis n’est pas aussi préoccupante qu’à Lille. L’an dernier, la station d’Havinnes (Tournai), la plus proche de la ville française donc, était à 28 dépassements du seuil (PM 2,5) recommandé par l’OMS. Un peu plus loin, celle de Mons tourne entre 30 et 40 dépassements annuels.

« Les frontaliers n’ont pas plus de raisons de s’inquiéter que ceux qui habitent ailleurs en Belgique, explique Philippe Maetz, collaborateur scientifique à la cellule interrégionale de l’environnement (CELINE). La situation lilloise n’est en rien exceptionnelle par rapport à ce qu’on peut enregistrer pour le même type de polluants en Belgique. Chez nous aussi, on est très loin de respecter les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. »

Entre 2008 et 2016, ces recommandations de l’OMS n’ont été respectées qu’une seule fois en Wallonie. A Vielsalm, dans la province du Luxembourg.

Et Philippe Maetz de pointer dans notre pays une situation comparable à celle de Lille : « La station de mesure de Borgerhout, au bord du ring d’Anvers, a dépassé 59 fois le seuil maximal recommandé par l’OMS en PM 2,5 lors de l’année 2017. » Les statistiques de l’Agence wallonne de l’air et du climat soulignent par ailleurs que ces recommandations de l’OMS n’ont été respectées qu’une seule fois en Wallonie entre 2008 et 2016. C’était en 2016 justement à la station de mesure de la qualité de l’air de Vielsalm, en province du Luxembourg.

La qualité de l’air s’améliore

La raison ? Les recommandations non-contraignantes de l’OMS sont en fait beaucoup plus strictes que les normes de l’Europe. « Jusqu’à 10 fois plus strictes selon les paramètres, précise Philippe Maetz. Sur les dernières années, la qualité de l’air s’est améliorée. On respecte maintenant en Belgique les valeurs limites imposées par l’Union européenne, mais nous sommes encore très loin de celles de l’OMS. Pour y arriver il faudrait davantage de mesures structurelles pour limiter nos émissions de polluants sur le long terme. C’est une volonté qui existe au niveau européen, mais le chemin est encore long. »

Une bonne nouvelle quand même : la situation en termes de particules fines a tendance à s’améliorer chez nous. « Si on compare avec les chiffres d’il y a 10 ou 15 ans, cette baisse est significative. C’est dû à la chute continuelle des émissions que l’on doit à l’activité humaine suite aux progrès de l’industrie, dans l’automobile, à l’arrêt de certaines activités très polluantes aussi », termine Philippe Maetz.

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