Les routiers dénoncent les tensions avec les gilets jaunes et les risques qu'ils prennnent

Les routiers dénoncent les tensions avec les gilets jaunes et les risques qu'ils prennnent
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Les routiers dénoncent les tensions avec les gilets jaunes et les risques qu'ils prennnent - © Tous droits réservés

Cela fait plusieurs mois maintenant que le mouvement des "gilets jaunes" a installé des barrages, filtrants ou non, sur un certain nombre d'axes routiers ou de rond-points à proximité d'autoroutes fort fréquentées. Mais alors qu’un premier accident mortel a été déploré vendredi dernier entre un camion et un manifestant à Visé, en région Liègeoise, des voix s’élèvent désormais parmi les routiers et leurs représentants pour dénoncer les multiples incidents qui ont eu lieu avec des gilets jaunes durant ces mois de blocages et les risques encourus par les manifestants lorsqu’ils bloquent des axes routiers.

Les gilets jaunes eux-mêmes ne s’en cachent généralement pas, les camions et leurs chauffeurs sont les premières cibles des barrages qu’ils installent ça et là sur les routes de Wallonie. Le but est clair : faire pression sur les gouvernants en tapant là où ça fait le plus mal, c’est-à-dire en pénalisant le transport de marchandises, le commerce et donc l’économie belge. Cependant, au moment de mettre en place ces blocages les " gilets jaunes " ne se rendent pas toujours compte des risques qu’ils prennent, c’est en tout cas l’avis de Daniel, chauffeur de poids lourd dans le Hainaut : " on se fait arrêter dans les rond-points mais par exemple hier soir je descendais de la R4 et à un certain moment j’ai vu un garçon arriver en courant et se jeter quasiment dans les roues du camion " raconte-t-il, " j’ai dû freiner, j’étais chargé à quarante-quatre tonnes et à peu de choses près je le mettais en dessous du camion " ajoute-t-il. Dans ces conditions, pas étonnant qu’un accident dramatique ait fini par survenir pense ce transporteur. Dans le métier depuis plus de quinze ans, la situation tient pourtant selon lui du jamais-vu, il a même reçu des consignes de sécurité de son patron : " il nous a dit de ne pas aller au contact avec les gilets jaunes, de les éviter le plus possible, pour ne pas provoquer des problèmes ".

Car à côté de ces risques d’accident graves, les routiers ne comprennent souvent pas non plus pourquoi le mouvement s’en prend ainsi à eux : " nous avons eu plusieurs de nos membres qui nous ont contacté " commence Isabelle de Maegt, porte-parole de la Febetra (Fédération royale belge des transporteurs et des prestataires de services logistiques), " on les empêche de travailler en bloquant un zoning ou en bloquant une partie d’autoroute et le pire c’est qu’ils se sentent menacés. On assiste à des vols de marchandises, des bâches qui sont coupées, des jets de pierre sur les camions… les chauffeurs ont peur, la tension monte et pour nous cela doit cesser car les transporteurs et les camions sont visés par les gilets jaunes mais ils se trompent de cible " complète-t-elle. Selon les professionnels du transport routier, les " gilets jaunes " ne sont malheureusement pas assez informés de toutes les contraintes qui pèsent sur le secteur : " on a des temps de conduite, c’est quatre heures et demie maximum puis c’est quarante-cinq minutes de coupure et ensuite vous avez encore neuf heures de trajet… " explique Daniel, notre chauffeur hennuyer. " C’est comme cela que moi par exemple je suis arrivé une fois à la frontière française, il me fallait encore trois quarts-d’heure pour rentrer, il me restait tout juste cinquante minutes de roulage et des gilets jaunes m’arrêtent. Je leur dis que je vais me retrouver à dormir dans mon camion à cinq minutes de chez moi mais c’est difficile à faire comprendre bien sûr " termine-t-il.

Ces blocages à répétition auront en tout cas un impact financier sur le secteur, difficile à chiffrer pour le moment celui-ci s’élève dans tous les cas à quatre-vingt euros par heure pour chaque camion à l’arrêt.

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