Les restaurateurs face au phénomène du "no-show": y'en a marre !

Le « no-show » dans le jargon des restaurateurs, c’est un phénomène qui a toujours existé mais qui semble prendre de l’ampleur. Ce sont des clients qui réservent et qui ne se présentent jamais, ce sont donc des tables qui restent inoccupées et ce comportement est dénoncé par de plus en plus de gérants d’établissements de l’Horeca. Dans la plupart des restaurants, on acceptera toujours un cas de force majeure mais ce que l’on réclame du client, c’est qu’il prévienne. Il y a quelques semaines, le patron d’un restaurant parisien a piqué une colère sur les réseaux sociaux : « quand on prépare un anniversaire parce qu’on nous réserve une table pour 8 un samedi soir, qu’on prépare le gâteau et qu’on attend désespérément le client, que faut-il faire ? Un restaurant, rappelle-t-il, c’est d’abord une entreprise avec des équipes, des frais, des emprunts ».

Demander un acompte ou une empreinte de carte de crédit

Pour éviter les mauvaises surprises, c’est ce qu’ont décidé de faire certains établissements à Bruxelles et en Flandre notamment. Ainsi sur son site de réservation en ligne, le restaurant doublement étoilé Bon Bon à Woluwé avertit : « il faut reconfirmer votre table une semaine avant votre venue. Une empreinte bancaire est demandée à titre de garantie. Le montant ne sera débité qu’en cas de non-présentation ou d’annulation moins de 48 heures avant l’heure d’arrivée prévue. » Mais « en région » comme à Mons par exemple, beaucoup n’osent pas encore franchir le pas et ont encore des scrupules à l’image de Nicolas Campus du restaurant Les Gribaumonts, « nous ne sommes pas encore prêts, ce serait un peu compliqué à gérer et à faire comprendre à nos clients je pense. Cela dit, quand il s’agit de menus spéciaux, d’événements comme des repas avec dégustation, on demande un acompte. Avec le risque de devoir rembourser les clients qui font défaut, car certains négocient, on peut alors leur proposer une autre date pour venir chez nous. Il y a une réticence à aller plus loin pour ne pas choquer la clientèle. »

En attendant, les restaurateurs constatent et encaissent. « Chaque semaine » nous explique Toni Verde, du restaurant L’Envers, « ce sont 3 à 4 tables qui restent vides, j’ai à peine 30 places et donc cela compte. Alors on envoie un SMS, on téléphone aux clients mais soit on n’a pas de réponse, soit on entend un bruit de fond et on comprend vite que le client a choisi d’aller dans un autre établissement, cela arrive effectivement que certains réservent plusieurs restaurants et se décident en dernière minute. Les recontacter, cela mobilise aussi du personnel qui est déjà très occupé et on se passera bien de cela. » Avec à la clef, du temps et de l’argent perdus. Les restaurateurs ne demandent qu’une chose : qu’on respecte leur travail et leur savoir-faire.

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