Les opérateurs culturels carolos toujours circonspects après le CNS de ce jeudi

La salle du centre de délassement de Marcinelle va reprendre du service avec les spectacles de l'Ancre
La salle du centre de délassement de Marcinelle va reprendre du service avec les spectacles de l'Ancre - © Google Street View

Un peu résignés, les secteurs culturel et événementiel n’espéraient pas grand-chose de la réunion du Conseil National de Sécurité de ce jeudi 20 août. Ils ont quand même obtenu l’augmentation de la capacité d’accueil du public : on en revient à 200 personnes à l’intérieur et 400 à l’extérieur comme en juin. Et, comme la première ministre Sophie Wilmès (MR) n’a rien annoncé d’autre, le milieu culturel se sent toujours aussi peu pris en considération. Et il regrette le manque de dialogue avec les experts scientifiques et les politiques. Pour Jean-Michel Van den Eeyden, le directeur du théâtre de l’Ancre à Charleroi, "C’est positif pour l’ensemble du secteur. Ce dont il a besoin, c’est de la cohérence sur les mesures. Et là parfois, c’est vraiment compliqué de la trouver. Il ne faut pas oublier que le culturel fait partie de l’économie et qu’il y a des milliers d’emplois qui sont concernés. Et qu’on a vraiment tendance, avec des mesures qui sont compliquées à comprendre et à pouvoir anticiper, à interdire des personnes de travailler. Alors qu’on fait des propositions très concrètes et qu’on est vraiment capables de réagir et de rebondir sur des mesures mais aussi de les respecter de manière extrêmement précise. Malgré tout, depuis le début de la crise, pour moi, il y a un mépris du monde culturel. Le mot est fort mais, dans la manière dont c’est géré, il y a une absence totale de dialogue et de prise en compte de nos réalités. Ça c’est évident."

Et, en plus de ce manque de dialogue avec les experts scientifiques et les politiques, Jean-Michel Van den Eeyden ne constate pas de perspective ni d’explications cohérentes sur certaines mesures. Comme celle qui interdit les visites scolaires dans les lieux culturels : "Tout le monde a envie d’être dans le respect de nouveau des normes sanitaires mais a besoin de culture. Et donc, l’interdiction pour les écoles, elle est, pour moi, incompréhensible si elle perdure. Nous, à titre personnel, c’est de nouveau tenable parce que ce n’est pas notre partie du public la plus importante. Mais je pense en effet à des centres culturels, à toutes les compagnies pour jeune public. Là, ça met de nouveau tout un secteur à genoux. Et c’est vraiment compliqué de comprendre toujours les mesures sans explication, sans délai donné dans le temps. En disant : voilà, pour rouvrir les écoles, on a besoin de faire ça mais si l’épidémie est de nouveau contenue, on va pouvoir repermettre à tel moment… Donc, ce sont des informations qui sont vraiment importantes. Mais sans aucune concertation, cela met tout un secteur à genoux."


L’Ancre démarrera sa nouvelle saison dans quelques semaines au centre de délassement de Marcinelle, une salle où il pourra accueillir près de 200 personnes dans des conditions sanitaires strictes.

Et les autres lieux culturels carolos ?

La plus grande salle de la région de Charleroi est le Dôme. Et là, on espère une dérogation qui pourrait autoriser la présence de 650 personnes réparties dans trois ou quatre espaces séparés et accessibles par des entrées différentes.

Au centre culturel de l’Eden, on ne veut plus être dépendant des décisions du Conseil National de Sécurité et on va y limiter l’accueil de la grande salle à 100 personnes dans une configuration "cabaret" avec tables et chaises pour y favoriser les "bulles". La brasserie, elle, est accessible à 40 personnes au lieu des 80 habituelles.

Vu la taille de sa salle de spectacles, on peut imaginer que la configuration de la Comédie Centrale, place de la Digue, sera peut-être moins affectée par les règles sanitaires à appliquer. Mais il faudra toutefois voir comment la distance sociale peut être respectée et, surtout, si les humoristes programmés accepteront de prester devant un public masqué.


Il en sera de même pour la Ruche-Théâtre à Marcinelle ainsi que pour le théâtre Marignan du boulevard Tirou. Les responsables de ces deux structures semblent en tout cas bien décidés à accueillir à nouveau le public dans des conditions qui restent encore toutefois à définir et à communiquer.

Au Palais des Beaux-Arts, si l’on tient compte de la distanciation de 1m50 entre chaque spectateur, la capacité de la grande salle serait ramenée de 1.800 à 192 ! Donc, ici aussi, comme dans le cas du Dôme, il va sans doute falloir faire preuve d’imagination pour augmenter la jauge sans courir de risques au niveau sanitaire.

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