Les gelées d'avril ont grillé la récolte de pommes et de poires

Aux Vergers de Barry, on s'attend à une demi-récolte en pommes et à 25% de rendement en moins en poires.
Aux Vergers de Barry, on s'attend à une demi-récolte en pommes et à 25% de rendement en moins en poires. - © Laurent Dupuis

La récolte de pommes et de poires a commencé et elle s'annonce mauvaise. Très mauvaise : 2/3 de moins que l'an dernier. La faute aux gelées d'avril qui ont grillé des bourgeons. 

Aux Vergers de Barry, dans l'entité de Tournai, Guillaume Mahieu cultive des pommes bio et des poires en lutte intégrée sur une surface de 20 hectares. "Je m'attends à 25% de rendement en moins pour les poires et une demi-récolte pour les pommes", explique Guillaume Mahieu. "Pour les poires, il s'agit surtout d'une question de taille. Nous avons des variétés qui ont tenu le coup mais leur taille est plus petite. Pour les pommes, les gelées n'ont pas eu d'incidence sur certaines variétés mais pour d'autres, c'est une catastrophe. Il n'y a que deux ou trois pommes sur les arbres, voire rien du tout, au lieu de cent pommes en temps normal."

Ce qui compte pour nos clients, c'est le goût

Autre problème : l'aspect visuel des fruits. "Dans la grande distribution, nous ne pourrions pas vendre des fruits avec des anneaux de gel. Ils partiraient pour l'industrie. Pour faire des jus de fruits ou des compotes. Mais heureusement, nous, nous passons par la vente directe, la vente locale et des groupements d'achat locaux. Cela nous permet de tirer notre épingle du jeu. Je ne sais pas si nos clients sont moins regardants quant à l'aspect visuel des fruits mais ce qui compte surtout pour eux, c'est le goût. Et le goût est toujours bien là, même avec un anneau de gel sur les pommes."

Concurrence polonaise

La vente directe et locale permet aussi à Guillaume Mahieu d'être maître de ses prix. "Je ne vais pas doubler mes prix, il ne faut pas exagérer, mais je peux ainsi un peu plus limiter la casse. Et puis, en grande distribution, le prix des pommes en Belgique va être écrasé par les pommes importées de Pologne."

Notre interlocuteur a par contre une crainte : "C'est de ne pas pouvoir proposer des fruits jusqu'à la fin de la saison, jusqu'à Pâques. Dans la vente directe, ce qui importe, c'est la fidélisation du client. Et si je n'ai plus de pommes et de poires après Noël..."

Guillaume Mahieu a par ailleurs déposé un dossier à la Région wallonne pour obtenir une indemnisation du Fonds des calamités. "Mais je ne compte pas dessus. Ce n'est pas notre vocation, d'obtenir une indemnisation. Nous, nous voulons récolter le fruit de notre travail."

Ecoutez l'interview de Guillaume Mahieu par Laurent Dupuis

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