Les cimetières envahis de "mauvaises herbes" après le confinement : "Il faudra quelques semaines pour rattraper le retard"

Après le confinement, l'état des cimetières a fait l'objet de plaintes.
Après le confinement, l'état des cimetières a fait l'objet de plaintes. - © RTBF

Dans beaucoup de communes, la chasse aux "mauvaises herbes" a été suspendue pendant 2 mois pour protéger les équipes et concentrer les forces disponibles sur les missions prioritaires. Les conséquences sont directement visibles dans les cimetières où la nature a repris ses droits entre les tombes et dans les allées.

A Tournai par exemple, dans le cimetière du Nord, les débroussailleuses viennent seulement de reprendre du service au cimetière du Nord.

"Pendant le confinement, le gouvernement avait dit d’assurer les missions impérieuses de salubrité, le désherbage n’en est pas une", explique Gauthier Fontaine, le chef du service espaces verts.

Une centaine d’enterrements en plus que l’année dernière

Les équipes ont donc assuré l’essentiel et le prioritaire. De ce point de vue là, le travail n’a malheureusement pas manqué. 

"A Tournai, nous avons eu une centaine d’enterrements en plus que l’année dernière à pareille époque, remarque Philippe Motte, le responsable des inhumations. Il y a sans doute eu un effet Covid…

Des semaines de travail

Pour rattraper le retard d’entretien dans les cimetières, il faudra du temps, prévient Gauthier Fontaine.

"Rien que pour le cimetière du Nord qui fait plus ou moins un hectare, comptez une bonne semaine de travail avec une dizaine d’hommes. Dans l’entité de Tournai, nous avons au total une trentaine de cimetières. Nous aurons donc besoin de quelques semaines avant un retour à la normale. D’autant qu’en plus de l’espace public, nous assurons aussi l’entretien des tombes qui devrait normalement être pris en charge par les familles."

"On a reçu des plaintes…"

Depuis le début de la politique "zéro phyto" dans les cimetières, le retour des herbes folles suscite régulièrement l’émoi. Le coronavirus n’y changera rien.

"Avec la fête des mères, beaucoup de gens sont venus se recueillir. Ils ont donc constaté que les mauvaises herbes étaient de retour, on a reçu des plaintes, regrette le responsable du service espaces verts. Mais il fallait que nous protégions nos ouvriers. Il faudra aussi que les gens s’habituent à revoir un peu de végétation dans les cimetières. Les cimetières avec du gravier, sans vie, c’est terminé."