Le vandalisme coûte 275.000 euros par an au TEC : visite de l'atelier de Jumet

Le vandalisme coûte 275.000 euros par an au TEC : visite de l'atelier de Jumet
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Le vandalisme coûte 275.000 euros par an au TEC : visite de l'atelier de Jumet - © Tous droits réservés

Le vandalisme coûte cher au TEC, l’opérateur des transports en commun wallons. On estime que le coût annuel des travaux de réparation pour la Wallonie s'élève à 275.000 euros par an. Un fameux budget qui, du coup, ne sert pas à autre chose, même s’il est à relativiser au regard de l’ensemble du budget de l’entreprise publique. Nos équipes ont pu visiter un atelier de réparation à Jumet, dans la région de Charleroi.

Au cœur du dépôt TEC de Jumet, voilà déjà treize ans que Sophie Dutry est en charge du garnissage et de la réparation des banquettes du TEC Charleroi. Un travail presque artisanal, fait siège par siège et à la main : " tout d’abord, on doit découper le tissu avec un gabarit pour épouser les formes des sièges, ensuite on dégarnit complètement le siège endommagé à l’aide d’une table aspirante et enfin on met la nouvelle housse afin d’avoir un nouveau siège " nous explique-t-elle en passant d’un poste à l’autre de son petit atelier.

Les sièges tout neufs ainsi obtenus doivent venir remplacer du matériel usé mais aussi parfois vandalisé, volontairement détérioré par des usagers malveillants. Et ce sont malheureusement souvent les mêmes dégradations qui sont observées : " surtout des coups de cutters ou d’autres lames, et puis une fois que le trou est fait, les gens vont retirer la mousse. Ou alors il y aussi les traces de marqueurs indélébiles, ou encore les chiques collées sur les sièges " témoigne Sophie Dutry.

Mécaniciens, soudeurs, carrossiers, etc. : une centaine de personnes en tout travaillent dans l'atelier de Jumet. Et parmi eux, plusieurs corps de métier sont régulièrement confrontés aux dégâts du vandalisme. Thomas Severino s’occupe notamment de repeindre les carrosseries endommagées ou défraichies des véhicules du TEC Charleroi et, en ce qui le concerne, ce sont les tags sur les véhicules qui lui empoisonnent la vie : " c’est beaucoup de boulot et en plus on abîme le matériel parce qu’évidemment, comme on utilise des produits toxiques, on attaque notre peinture. Donc c’est à la fois un nettoyage puis une nouvelle mise en peinture d’un tram ou d’un bus " soupire-t-il.

Du travail et du matériel supplémentaire qui représentent forcément un coût pour les transports en commun wallon : 275.000 euros par an, dont 200.000 rien que pour le métro léger de Charleroi, la seule ville wallonne à posséder ce type d'infrastructure. Car si l’entretien des abribus est la plupart du temps à la charge d’entreprises d’affichage urbain, les lourdes installations des stations de métro carolo sont en revanche gérées directement par le TEC, où graffitis et dégradations occasionnent des coûts de réparation importants. Les 75.000 euros restants représentent le coût des dégâts occasionnés au matériel de roulage (les bus) et se répartissent de manière à peu près similaire entre les cinq directions wallonnes du TEC, chacune enregistrant un coût annuel dû au vandalisme entre dix et quinze mille euros. Des sommes non-négligeables mais qui doivent néanmoins être relativisées : " évidemment cela reste de l’argent que l’on pourrait utiliser à d’autres choses plus positives au service du citoyen " opine Stéphane Thiery, le directeur commercial du TEC, " mais force est de constater que par rapport à l’ensemble du budget du TEC, cela représente 0,02% du total. Même si nous devons dédier du personnel et des moyens à ce problème " précise-t-il.

Ces dernières années, l'installation de caméras de surveillance et de nouvelles matières dans les véhicules du TEC a néanmoins permis de stabiliser ces coûts. En 2019, ils sont même en légère baisse.

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