Région de Charleroi: le secteur bovin réclame à son tour une hausse des prix

Les agriculteurs ont sensibilisé clients et bouchers des grandes surfaces
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Les agriculteurs ont sensibilisé clients et bouchers des grandes surfaces - © rtbf.be - Isabelle Pesesse

Après les producteurs de lait, ce sont les producteurs de viande bovine qui montent au créneau. En prélude à une réunion qui se tient ce jeudi entre syndicats agricoles et chaînes de grands magasins, ils ont organisé des actions de sensibilisation dans plusieurs grandes surfaces de la province de Namur et de la province de Hainaut. Le but était de convaincre les gérants et les chefs de l'atelier boucherie de l'importance de soutenir la filière. Yohan Van Droome est un jeune agriculteur de Froidchapelle. "Mon père s'est installé dans les années 70. Quand je vois le prix auquel je vends ma viande, hé bien c'est le même qu'à son époque, 35 ans plus tôt ! Alors que le montant de mes charges a été multiplié par 3 ou par 4. C'est inadmissible ! "

Jean-Pol Servais est lui aussi agriculteur à Froidchapelle. "Il faut également souligner que nous devons faire face à une forte concurrence des viandes qui viennent de l'étranger, et qui sont vendues meilleur marché que les nôtres. On incite le consommateur à acheter cette viande plutôt que celles de notre pays, qui sont de qualité !".

Hausse des coûts

La présidente de la Fédération wallonne de l'Agriculture pour le Hainaut, Bernadette Guiot, également agricultrice à Barbançon, explique : "Actuellement, il n'est plus possible de couvrir les frais de production avec ce qu'on nous donne comme prix pour le bovin qui sort de l'exploitation agricole. Nous devons subir une hausse continuelle du coût, qui est lié, par exemple, à la hausse de la TVA à 21%, la hausse du prix des engrais, ou encore une nouvelle taxe liées aux eaux usées. Idéalement, la hausse du prix de la viande devrait être de l'ordre de 20 à 25% pour que notre travail reste rentable. C'est pour cela que nous menons cette action, pour que du côté des grandes surfaces, ils comprennent nos problèmes et nous soutiennent."

Plusieurs agriculteurs se sont ainsi rendus dans certains supermarchés Intermarché, Carrefour et Colruyt de la région de Charleroi. Si l'accueil a été plutôt froid de la part des gérants, les bouchers ont déclaré se sentir concernés par le problème. L'un d'entre eux a ainsi fait part de sa compréhension : "C'est un gros problème, et ces gens méritent d'être bien payés pour leur travail. Nous, bouchers de grandes surfaces, nous sommes entre deux feux, puisque nous devons rester commerçants et vendre la viande à bas prix, mais il faut que tout le monde s'y retrouve. Quand je vois les prix de vente du bœuf et du porc par rapport au prix d'achat, je pense qu'il y a moyen de faire un geste."

Une opinion personnelle qui ne reflète peut-être pas celle de tous les intervenants de ce dossier...

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