Le quinoa débarque dans le Hainaut

Le climat change. Les habitudes de nos agriculteurs aussi. Au début du mois d’avril, Antoine Roisin, 24 ans, jeune agriculteur de Ragnies, près de Thuin, a convaincu ses parents de planter du… quinoa !

Cette céréale, qu’on pourrait confondre avec de la semoule, est généralement cultivée en Amérique du Sud. Mais depuis quelques années (2016), elle a fait son apparition en Belgique. Et voilà donc que le quinoa pousse sur nos terres hennuyères. Et sur celles d’Antoine Roisin. Le changement climatique en est une raison : "Il fait très sec. Mon champ de betterave souffre. Ça se voit. Par contre le quinoa est beau. Il semble aimer la chaleur. Il n’a pas besoin de beaucoup d’eau."

Nouvelles habitudes alimentaires

Si les agriculteurs belges découvrent le quinoa, les consommateurs eux l’apprécient dans leur assiette. En plantant du quinoa, Antoine Roisin tente de répondre à la demande : "C’est une nouvelle tendance. Les gens prennent de nouvelles habitudes alimentaires. On a tout intérêt à essayer que le quinoa fonctionne chez nous. C’est tellement mieux en plus de consommer local plutôt que d’acheter celui qui est cultivé au Pérou ou en Bolivie."

On trouve la confirmation que le quinoa est prisé dans une boutique de graines en vrac. Charles De Mol est derrière son comptoir. Il tient l’Alternative à Mons : "Mes clients aiment le quinoa. Encore plus celui cultivé en Belgique. Il a bon goût. Mais le problème c’est qu’il est cher. Comptez le double du prix quasiment pour du quinoa belge. Celui d’Amérique du Sud ou même de Chine est deux fois moins cher."

Le juste prix

Comment se fait-il que le quinoa bolivien, qui fait des milliers de kilomètres pour atterrir dans notre assiette, soit moins cher que le quinoa belge ? Réponse chez Isabelle Coupienne. Elle aide au développement du quinoa en Belgique chez Graine de Curieux. "Nous aidons 25 agriculteurs belges à vendre leur récolte. On sert d’intermédiaire. On part du principe qu’ils doivent être justement rémunérés par rapport au travail qu’ils fournissent. Comme la main-d’œuvre en Belgique est plus chère qu’en Chine ou en Bolivie, le prix du quinoa est plus cher."

Pour que les agriculteurs belges se lancent les yeux fermés dans le quinoa, il faudrait donc convaincre le consommateur belge d’acheter local. Convaincre, un verbe qu’Isabelle Coupienne n’aime pas tellement. "Je n’utilise pas ce terme-là car il y a beaucoup de gens qui sont déjà convaincus qu’acheter local c’est mieux. On l’a constaté pendant le confinement. Mais acheter local, ça a un prix. Les gens s’en rendent compte aussi parce que la main-d’œuvre est plus chère."

Si la demande suit, le quinoa ou d’autres céréales comme la lentille pousseront sans doute davantage dans nos champs. Le quinoa belge sera récolté fin du mois d’août, début septembre.

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