Le judoka hornutois Joachim Bottieau sous-estimé avant les J.O.?

À 27 ans, le judoka hennuyer Joachim Bottieau a décroché l'or à Dusseldorf, l'argent au Masters et le bronze à Samsun. La prochaine à Rio?
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À 27 ans, le judoka hennuyer Joachim Bottieau a décroché l'or à Dusseldorf, l'argent au Masters et le bronze à Samsun. La prochaine à Rio? - © Samuël Grulois

Il réalise sans doute sa meilleure saison à 27 ans. Le judoka hennuyer Joachim Bottieau a décroché l'or à Dusseldorf, l'argent au Masters et le bronze à Samsun. Cette régularité, récente dans son chef, lui a permis d'intégrer le top-8 de sa catégorie, les moins de 81 kilos, au ranking mondial.

Bottieau, c'est du costaud! Beaucoup de muscles, beaucoup de caractère, un peu taiseux, un peu bourru diront certains. Mais derrière cette façade un peu froide, il y a un sportif à l'humilité déconcertante, un homme attaché à son Borinage natal où il habite à nouveau après un court exil à Bruxelles. C'est d'ailleurs dans son modeste appartement de Boussu que j'ai pu rencontrer Joachim Bottieau, un des espoirs de médaille olympique les plus sous-estimés sans doute de notre délégation.

Joachim, vous avez vécu quelques temps à Bruxelles mais l’air de la capitale ne vous plaisait pas, semble-t-il…

"Je suis revenu tout près de chez mes parents, tout près de mon club (le JC Grand-Hornu), tout près du centre d’entraînement de La Sapinette à Mons. Je voulais vraiment que tout soit parfait en cette année olympique. Mon père et mes frères se sont aussi investis à 100% pour moi comme préparateur physique et comme sparring partners. Ca m’a permis de faire une bonne période de qualif’ ! Mais le plus important va seulement arriver évidemment. Pour performer, j’ai besoin de mes repères, de mes habitudes, de mes proches. Avec les années et l’expérience, j’ai compris combien c’était essentiel!"

On parle beaucoup, et à juste titre, de Charline Van Snick et de Toma Nikiforov comme possibles médaillables. Par contre, on parle moins de Joachim Bottieau… Comment vivez-vous cela?

"Parfois, j’avoue, c’est un peu difficile d’être dans l’ombre. Mais ça me permet de rester tranquille pour me préparer et me concentrer. Celui qui fera la meilleure performance aux Jeux Olympiques sera mis en avant… Je sais que j’ai une belle carte à jouer et en cas de médaille, la reconnaissance je l’aurai. Il faut être patient. Et puis, c’est vrai, je suis moins communicatif que d’autres athlètes, je suis absent des réseaux sociaux… mais c’est ma manière de fonctionner. D’abord le travail, la concentration. Le reste (la popularité, la reconnaissance…) suivra."

Aux J.O. de Londres, en 2012, vous étiez arrivé avec un statut de 30ème mondial. Vous irez à Rio au mois d’août avec une toute autre réputation, désormais 8ème mondial. Qui dit statut différent dit aussi, j’imagine, ambitions différentes?

"Londres, c’était un premier coup d’essai. J’ai été éliminé avec les honneurs en huitièmes de finale, au golden score, contre le Russe futur troisième. Depuis lors, j’ai progressé. C’est important d’être tête de série pour être un minimum protégé au moment du tirage au sort. Et donc, oui, mes ambitions sont bien plus importantes ! J’ai bien mûri sur différents plans. Vous savez, il faut le temps de s’installer dans une catégorie, d’emmagasiner de l’expérience, d’avoir des victoires mais aussi des défaites pour progresser. Certains sont prêts à être champion olympique à 20 ans. Pour d’autres, ça prend plus de temps. Je suis prêt. J’ai par exemple déjà battu le numéro 1 mondial (le Géorgien Avtandili Tchrikishvili). Si on se retrouve à Rio, ce sera chaud!"

Ca représente quoi les Jeux Olympiques pour vous?

"Ça reste un rêve. Le judo n’est pas le sport le plus médiatique. Et donc, aux J.O., les judokas ont l’occasion de se faire connaître. On a une chance tous les quatre ans, il ne faut donc pas se louper. En plus, cette fois-ci, à Rio, ce sera spécial… le Brésil, c’est plus exotique que Londres! Ce sera super à vivre."

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