Le journal de classe passe au virtuel, dans une école de Tournai

"Vous pouvez sortir votre journal de classe et inscrire un devoir pour jeudi", voici une phrase passée de mode, au Collège Notre-Dame de la Tombe à Kain. La direction a décidé de troquer les journaux de classe, version papier, pour la plateforme numérique Smartschool.

L’application Smartschool propose plusieurs outils. D’abord, un journal de classe. Les professeurs peuvent inscrire les devoirs et interrogations à la date de leur choix. Toutes les obligations sont alors réunies dans un seul et même calendrier. Les enseignants peuvent ainsi s’assurer que les enfants n’ont pas trop de travail ce jour-là.
Une fois le devoir enregistré, tous les enfants reçoivent une notification sur leur smartphone.

La plateforme permet également aux élèves malades de se remettre en ordre facilement. Il leur suffit de vérifier ce qui a été travaillé pendant leur absence ainsi que les devoirs à rendre à leur retour.

Finalement, la plateforme permet de créer des quiz pour que l’enfant puisse apprendre de manière ludique.

 

Un véritable outil pour les professeurs

Smartschool simplifierait le travail des enseignants. D’abord, l’outil leur permet d’avoir une vue d’ensemble de l’agenda des élèves. Ils peuvent donc mieux répartir le travail, selon Sandrine Jenart, professeure d’informatique : "Quand je leur demande est-ce que ce jour-là c’est bon pour une interrogation, ils me répondent tous : Non ! Non ! Madame, on a trop de travail. Là je vois qu’ils n’ont rien et que ça sera bon pour le 14."


Ensuite, depuis leur ordinateur, les professeurs peuvent utiliser la fonction copié/collé. Ce qui leur fait gagner du temps lorsqu’ils doivent écrire ce que leurs différentes classes ont étudié chaque jour. Pour les élèves de la même année, il suffit de recopier ce qui a déjà été écrit.
 

Double Emploi

En première et deuxième humanités, les élèves reçoivent toujours leur journal de classe, format papier. De la troisième à la rhéto, c’est à l’application Smartschool qu’il faudra se fier. Pour certains élèves un peu distraits comme Armand, c’est une belle avancée : "Je trouve ça super chouette. Comme ça, je ne peux pas oublier mon journal de classe puisqu’il est sur mon téléphone. Et si j’oublie de noter quelque chose dans mon journal de classe, je peux le voir sur Smartschool."

Cependant, à l’école, le smartphone est interdit. Les professeurs insistent pour que les élèves de la troisième à la rhéto se procurent un agenda. Ce qui fait un peu double emploi pour certains élèves comme Manoa : "C’est bien parce qu’on est dans la nouvelle technologie. C’est bien quand on est à la maison, au moins on est sûrs de ne rien oublier puisque ce sont les profs qui notent. Mais à l’école, c’est un peu embêtant."

D’autres élèves, comme Quentin, en ont marre de cette formule développée il y a quatre ans mais accélérée depuis le confinement. "C’est toujours pratique d’avoir une copie sur papier et sur internet. Mais je suis plutôt team papier. Je trouve que le papier, ce serait bien qu’il revienne et qu’on laisse un peu l’informatique de côté."

L’éducation au smartphone

Il existe un paradoxe dans cette formule. Officiellement, le smartphone est toujours interdit en classe. La directrice du collège Notre-Dame de la Tombe, Anne Sophie Verriest, plaide pour que cela change : "C’est une réflexion à avoir. Au même titre qu’un journal de classe, les élèves pourraient sortir leur smartphone en début de cours ou en fin de cours en fonction de ce que demande le professeur." Pour permettre l’utilisation du smartphone en classe, il faudrait changer le règlement d’ordre intérieur. Cela impliquerait de nombreuses discussions avec certains professeurs réticents.

Pour la directrice, il s’agit également d’une manière de sensibiliser les élèves à l’utilisation de leur téléphone. "C’est un problème de société, alors il faut apprendre aux jeunes à bien utiliser cet outil". Laura Tiston, professeure d’étude du milieu et personne ressource pour l’application Smartschool, est convaincue de l’utilité de l’application. "Grâce à cela, les enfants savent que leur smartphone n’est pas seulement un jeu. Il peut être là pour les accompagner dans leur réussite, grâce à certaines applications à télécharger."

 

Dans ce collège, 99% des élèves auraient un smartphone. Pour les autres, du matériel est mis à disposition.
Le plus important pour la direction sera de réussir à mettre une barrière entre l’école et la maison. Pas question de mettre des devoirs à 18 heures, quand la journée d’école est terminée.

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