La connaissance du français, gros obstacle à l'accès des étudiants-réfugiés à l'université

Parmi les réfugiés arrivés dans notre pays, certains souhaitent entamer ou poursuivre des études supérieures. L’inscription dans une université ou dans une Haute Ecole à la prochaine rentrée n’est pourtant pas une chose aisée. Il y a d’abord, pour ceux qui ont déjà entamé un cursus dans un autre pays, le problème de l’équivalence des diplômes. Se pose également le problème du logement, pas évident d'en trouver un à une distance proche de l’établissement. Les propriétaires sont difficiles à convaincre. Vient enfin, et c’est probablement le point le plus difficile pour le nouveau venu, le niveau de langue en Français.

Pour surmonter l’obstacle de la langue, l’UMons, par exemple, organise des cours de Français intensifs et gratuits, une opportunité pour plusieurs de ces réfugiés dont certains viennent de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan.

L’équivalence de diplôme

Mais comment ces personnes, dont beaucoup ont rapidement dû fuir un pays en guerre, peuvent prouver qu’elles ont suivi tel ou tel cursus dans leur pays ? "Une réflexion est en cours pour viser à l’assouplissement des procédures d’équivalence, explique Aline Jassogne de la Direction des Affaires Académiques de l’UMons. Ainsi quelqu’un qui a obtenu un diplôme à l’étranger devrait pouvoir, s’il ne dispose pas des documents originaux, prouver l’existence de son parcours par d’autres voies comme des photos ou la production de documents ou de publications de l’étudiant".

Aline Jassogne poursuit en expliquant que chaque dossier est examiné cas par cas "Même pour quelqu’un qui obtiendrait l’équivalence (de diplôme ndlr), quand on parle de l’accès au premier cycle (bachelier) dans l’enseignement supérieur, la problématique de la preuve de la maîtrise du Français est toujours présente. Ainsi, si quelqu’un n’a pas obtenu son diplôme en Français dans son pays, il devra passer un examen qui atteste qu’il maîtrise notre langue".

Plus souple à partir du second cycle

Les conditions d’accès au deuxième et troisième cycle sont plus souples parce que l’équivalence n’est pas requise. Ainsi quelqu’un qui aurait effectué un Master dans son pays pourrait être admis à l’Université à des études de Doctorat sur décision du jury compétent. Aline Jassogne donne ainsi l’exemple d’une diplômée Irakienne qui entame une thèse ici, à l’Université de Mons, à la Faculté des Sciences.

Pour l’ensemble de ces réfugiés candidats à la poursuite de leurs études, si le parcours a été long et difficile pour arriver jusqu’ici en Belgique, il le sera encore pour lever l’ensemble des obstacles évoqués plus haut. Même si, une fois qu’ils auront obtenu un statut de réfugié, ces étudiants auront droit à un revenu d’intégration sociale.

Restera alors pour eux à se mettre dans les conditions pour décrocher une bourse, à savoir à ce jour, un an de résidence en Belgique et une reconnaissance par le Haut-Commissariat aux réfugiés.

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Ils sont Syriens, Irakiens ou Afghans et pour continuer leur cursus à l'UMons, ils suivent des cours intensifs de français © Isabelle Palmitessa
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