Le conseil communal de Mons retransmis en vidéo sur Facebook: est-ce bien légal ?

Le conseil communal de Mons a été retransmis en direct sur Facebook.
Le conseil communal de Mons a été retransmis en direct sur Facebook. - © Stéphanie Vandreck

Mardi soir, le conseil communal de Mons était retransmis en direct en vidéo sur le réseau social Facebook. Une première dans la cité du Doudou. L'initiative revient à l'agitateur de l'opposition Georges-Louis Bouchez (MR). Objectif ? "Faire taire les caricatures" et permettre à chacun de se faire un jugement dans un débat politique souvent tendu.

Le conseiller MR avait donc placé son smartphone dans un coin de la salle. Le débat public a semble-t-il passionné les Montois : la vidéo avait été vue 3600 fois après une heure de retransmission. En moyenne, ils étaient une cinquantaine à suivre les échanges depuis leur canapé. Une audience nouvelle qui a probablement incité certains conseillers à forcer parfois un peu le trait.

Légal?

Cette retransmission n'est pas sans soulever une question : est-il permis de retransmettre les débats d'un conseil communal en direct sur le web ?

La réponse est nuancée. Tout dépend en réalité du règlement d'ordre intérieur du conseil communal. A Mons, rien n'empêche de dégainer smartphone ou appareil photo...

Dans certaines communes, par contre, il faut demander une autorisation préalable. D'autres encore n'autorisent que les médias reconnus à le faire.

"On remplace le journaliste"

L'idée de retransmettre un conseil communal en vidéo n'est d'ailleurs pas tout à fait neuve. L'expérience a déjà été menée dans d'autres communes, mais souvent à l'initiative de la majorité. Pour Nicolas Baygert, professeur de communication politique à l'ULB, à l'Ihecs et à la Sorbonne, cette diffusion sur Facebook, c'est une pierre dans le jardin des médias...

"On remplace le journaliste, c'est une critique à leur encontre. Si on suit ces initiatives, cela sous-entend qu'ils devraient davantage faire leur travail et retransmettre ces conseils en temps réel, explique le spécialiste de la communication politique. Mais il a aussi cette face cachée qui consiste à expliquer aux internautes qu'il y aurait une sorte de déni de démocratie. Un déni que l'élu corrigerait en organisant cette retransmission."

Une caméra garante de la transparence en quelque sorte... Que tout le monde s'est bien gardé de commenter négativement mardi soir à Mons.