Le carnaval de Binche: une tradition immuable, la preuve en archives

En noir et blanc ou en couleur, les Gilles de Binche n'ont pas changé
En noir et blanc ou en couleur, les Gilles de Binche n'ont pas changé - © RTBF

En noir et blanc ou en couleur, les Gilles de Binche, leurs plumes et leurs oranges ont traversé les années sans prendre une ride. À chaque fois, ce sont les mêmes gestes, les mêmes rythmes, les mêmes coutumes.

Avant-guerre et après-guerre

Les premières images filmées de nos archives nous ramènent à 1939. À l'époque, les Binchois qui dansent sur la Grand 'Place ne s'imaginent pas que leur prochain carnaval n'aura lieu que sept ans plus tard. Mais la guerre arrive et personne n'a le cœur à faire la fête sous l'occupation.

Alors en 1946, c'est l’effervescence à Binche après la guerre et six années sans carnaval. C'est un évènement dans l'évènement, et une véritable explosion de joie dans les rues de la ville.

Tradition immuable

Sur les images des années 50, on pourrait toujours se croire avant-guerre. Les costumes sons les mêmes, les paniers sont pleins d'oranges et on retrouve évidemment les impressionnants chapeaux de plumes. À Binche, le carnaval est un rite immuable, une tradition qui se transmet de père en fils.

Débordements étudiants

Dans les années 70, les pennes et les calottes des étudiants viennent se mêler aux plumes des Gilles. Une époque où l'on évoque parfois quelques débordements. Avant le cortège, bien souvent, la gendarmerie à cheval devait faire évacuer les étudiants de la place pour que les Gilles puissent y accéder.

Mais les choses se calment dans les années 80, les étudiants viennent encore, mais ils se font plus discrets. L'ambiance est plus familiale. Dix ans plus tard, la télévision s'invite régulièrement au ramassage des Gilles au petit matin, filmant leur traditionnel petit déjeuner au champagne et aux huitres.

Le rôle des femmes

Et que ce soit en 1996 ou en 2006, on s'attarde sur le rôle des femmes de Gilles qui règlent les moindres détails de la journée. Un rôle de l'ombre que la plupart assume à 100 %, y trouvant une façon de partager un moment intense.

Reconnaissance par l'UNESCO

Enfin, s'il y a une image marquante dans l'histoire du carnaval, c'est celle des Gilles projetée devant les membres de l'UNESCO. En 2003, le carnaval de Binche est inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité, une énorme fierté à l'époque, et encore aujourd'hui. Concrètement, cela ne change rien pour les Gilles qui continuent à perpétuer la tradition, mais les visiteurs sont toujours plus nombreux depuis lors.

Cette année encore, on attend d'ailleurs 100.000 personnes en trois jours dans les rues de Binche pour célébrer ce carnaval unique et ses traditions immuables.

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