Le bout du tunnel pour 'Rive Gauche' à Charleroi: mais à quel prix?

"Rive Gauche", c'est un promoteur, deux sociétés belges et une multitude de sous-traitants qui ont fourni les bras pour construire ce mastodonte. Et le méga-chantier du nouveau centre commercial carolo ne s'est pas réalisé sans peine.

On se rappelle encore l'épisode de ces ouvriers égyptiens qui refusaient de descendre d'une grue afin de dénoncer leurs conditions de travail. Et puis, il y a aussi eu aussi plusieurs blessés graves pendant les travaux.

Car ce sont surtout des travailleurs égyptiens, kosovars, italiens, roumains, polonais et portugais qui ont arpenté et arpentent encore le boulevard Tirou depuis des mois.

Le paquebot va prendre la mer

Alors, à quelques jours de l'inauguration des magasins, les syndicats n'ont pas franchement le sourire. Depuis deux semaines, pressés par le temps, les travailleurs sont mis à toutes les sauces. Souvent devant les yeux étonnés des Carolos. Le paquebot "Rive Gauche" va bientôt prendre la mer mais, pour Carlo Briscolini, qui a suivi les travailleurs pour la FGTB, c’est plutôt "l’amer" tant ce chantier est socialement proche du désastre: "Aujourd’hui, sur le chantier, ce qui est important c’est le béton et pas les travailleurs. Et donc on a constaté trois accidents graves au cours de cette période d’activité par rapport aux sous-traitants. Le bilan social est plus que catastrophique. En matière de politique salariale, rien n’a été respecté. Et je ne parle pas de tous les avantages annexes du secteur de la construction. En matière de primes de logement, d’indemnités de repas, de la sécurité sociale et du fonds de sécurité d’existence avec tous les avantages annexes, rien n’a été respecté."

Marc Moreau, syndicaliste CSC, a plusieurs fois constaté des manquements énormes et les mauvaises pratiques du dumping social: "Ce chantier a vraiment été exécuté par des sous-traitants dans le cadre du détachement. On a travaillé les weekends, on a travaillé durant les congés, on a travaillé pendant les fêtes de fin d’année. Bien souvent, quand les entreprises sont condamnées, elles cessent d’exister. Le phénomène n’est pas nouveau mais, en Belgique, il a pris une ampleur invraisemblable."

Avec toutes ces constatations, les syndicats s'apprêtent d'ailleurs à s'adresser à la justice contre les patrons de ce chantier.

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