1er anniversaire des tribunaux de la famille et succès de la médiation

La médiation s'enseigne à l'Université.  Ici à l'UMons où plusieurs avocats se montraient intéressés par cette formation.
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La médiation s'enseigne à l'Université. Ici à l'UMons où plusieurs avocats se montraient intéressés par cette formation. - © Charlotte Legrand

Il y a un an naissait le tribunal de la famille, une petite révolution dans le monde judiciaire, qui évite la dispersion des audiences devant une série de tribunaux différents. Avec ce tribunal, c’est un seul dossier par famille qui est ouvert, ce qui simplifie considérablement la procédure dans des dossiers par définition tendus, lors de divorces par exemple, où les parties s’affrontent sur la garde des enfants, la pension alimentaire ou la localisation de l’école des enfants.

Ce nouveau tribunal recourt beaucoup à la médiation. À Mons, par exemple, les permanences se tiennent trois jours par semaine, le matin, et elles remportent de plus en plus de succès "au début nous traitions un dossier par mois, on en arrive maintenant à deux dossiers par jour, constate Annette Bridoux, avocate et pilote de ce service médiation montois, cela peut même monter jusqu’à quatre ou cinq affaires quotidiennes à la période où les parents doivent choisir une école. Au mois de Juin, à l’approche des vacances scolaires, nous avons même dû ajouter des permanences parce que les magistrats nous ont demandé s’il y avait moyen d’être présents".

La médiation, pas seulement pour la famille

La médiation est une formule qui ne s’exerce pas uniquement dans la sphère familiale, le succès de la médiation civile et commerciale est une réalité. Certaines entreprises en litige vont ainsi privilégier le dialogue "en médiation, ce type d’affaires est traité rapidement, beaucoup plus vite que devant les tribunaux, il bénéficie en plus de la discrétion puisqu’aucune publicité ne sera faite autour d’un différend, ce qui arrange les entrepreneurs qui sont généralement soucieux de leur image de marque".

La médiation enseignée à l’Université

L’UMons dispense une formation à la médiation et celle-ci rencontre de plus en plus de succès auprès des avocats. Maître Caroline Bosco envisage ainsi de s’inscrire et elle le fera d’autant plus volontiers qu’elle ne devra pas en assumer l’entièreté des coûts: "Le Barreau prend en charge une partie des frais de formation, c’est dire qu’il y a un message politique derrière qui nous incite à pratiquer la médiation, l’objectif principal étant de désengorger les tribunaux et l’arriéré judiciaire".

Le dialogue porte généralement ses fruits

Côté statistiques, le bilan est également plutôt positif pour la médiation, les chiffres révèlent ainsi une solution trouvée pour 80% des personnes qui y ont recours.

Pari gagné donc pour cette nouvelle approche de la justice qui ne doit subir que quelques réticences, celles de quelques avocats qui nourrissent la crainte de se voir ainsi déchargés d’une affaire.

À contrario, d’autres avocats envoient beaucoup en médiation et reçoivent beaucoup plus de clients, simplement parce que ce mode de traitement des affaires correspond beaucoup mieux à la demande et à l’attente des personnes.

Tout n’est pas rose pour autant

Si le bilan est plutôt positif après une année de tribunal de la famille, tout ne va cependant pas pour le mieux dans le meilleur des mondes comme le constate, fataliste, Valérie Moreau, la présidente du tribunal de la famille: "Ce que je souligne moi, c’est le manque de moyens et ce sont essentiellement des moyens en personnel, maintenant il y a aussi des soucis administratifs au niveau de la gestion des dossiers, il y a également des choses qui n’ont pas été particulièrement réfléchies, le système informatique doit être amélioré mais le point le plus noir, je le répète, c’est le manque d’effectifs, la charge de travail est énorme autant pour les employés que pour les greffiers".

Pour la présidente, "c’est clairement une politique d’engagement à long terme qui manque", ce qui veut dire, en résumé, que le Tribunal de la famille est bien là, qu’il existe, qu’il tourne depuis un an maintenant, mais sans les moyens nécessaires à son véritable bon fonctionnement.

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