Mort d'un ouvrier à Gosselies: suspension de prononcé pour la Sonaca

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Illustration - © rtbf.be - Luciano Arcangeli

En juillet 2014, un ouvrier de l'entreprise aéronautique Sonaca de Gosselies (Charleroi) était écrasé par une presse. Poursuivie pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution, l'entreprise a reconnu des manquements devant le tribunal correctionnel de Charleroi, qui lui a octroyé la suspension du prononcé.

En juillet 2014, Andrea Pitzalis, un ouvrier de 37 ans, mourait écrasé par un élément d'acier de 6 tonnes alors qu'il manœuvrait une presse étireuse dans la section tôlerie de la Sonaca. L'auditorat du travail et le service de Contrôle du bien-être au travail étaient descendus sur les lieux et avaient ouvert une enquête qui a abouti devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

Seule la société en tant que personne morale a été poursuivie pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution.

L'auditeur du travail a relevé une série de fautes imputables, selon lui, à des manquements de la Sonaca. L'entreprise n'avait pas remédié à ces manquements malgré les demandes répétées des représentants syndicaux.

De nombreuses adaptations en matière de sécurité

L'avocat de la Sonaca avait précisé à l'audience que, depuis ces faits dramatiques, plusieurs audits avaient été réalisés et avaient donné lieu à de nombreuses adaptations en matière de sécurité. Il avait donc  plaidé la suspension du prononcé.

Ce lundi, le tribunal a épinglé les différents manquements qui ont conduit au décès d'Andréa Pitzalis: la présence d'un seul ouvrier pour la manipulation en cause alors que deux sont nécessaires, les trous dans le sol particulièrement huileux pouvant entraîner des chutes, l'absence de pictogrammes sur la télécommande de la presse et l'absence de formation des ouvriers pour le maniement de la machine.

Le défaut de prévoyance et de précaution est donc établi dans le chef de la Sonaca qui, vu les efforts consentis depuis les faits, a bénéficié d'une suspension du prononcé sur cinq ans. Les proches de la victime ayant été indemnisés, personne ne s'était porté partie civile.