La sœur d'un détenu confie son désarroi face à la grève dans les prisons

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Illustration - © rtbf.be - Vinciane Votron

Depuis une semaine, les gardiens de prison ont déclenché un mouvement de grève national. Ils protestent contre l'instauration d'un service minimum en cas de grève. Mais les conséquences pour les détenus sont lourdes.

Depuis le début de la grève des surveillants, les droits de visite sont supprimés. Pas de préau non plus. Une situation qui devient très difficile à vivre. Nous avons recueilli le témoignage d'une proche d’un détenu qui veut rester anonyme. C'est un cri du coeur d'une soeur pour son frère incarcéré à la prison de Lantin. "Pas de préau, pas de visite, pas de douche, pas de cantine, pas de papier toilettes. Ils ne peuvent même pas laver leur cellule. Imaginez quelqu’un qui a un minimum d’hygiène, c’est très dur. Je vais dire qu’à la SPA les animaux sont mieux. Les gens qui sont en prison sont en train de payer ce qu’ils ont fait. Maintenant c’est grève. C’est insupportable. Ce n’est pas possible : quand on a l’habitude de voir sa famille, quand on fait un certain nombre de kilomètres tous les jours et que l’on fait des sacrifices pour aller voir un être cher. Et puis que du jour au lendemain, on ne peut plus y aller, qu’on n’entend pas leur voix. Qu’on se pose plein de questions. On vit vraiment un cauchemar, c’est horrible. Au niveau de la nourriture, les repas sont servis une fois par jour. C’est-à-dire que le repas de midi et celui du soir sont servis en même temps. Ils le vivent très mal. Moi je pousse un cri, un cri qui vient du cœur : ce ne sont pas des animaux. Une incarcération, c’est déjà des conditions difficiles mais, en plus, avec une grève… ça ne devrait même pas être permis."

Les négociations avec le ministre de la Justice reprennent demain mardi.

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