La RAAL revit à La Louvière: transparence et esprit d'entreprise dans le foot amateur

La RAAL revit à La Louvière: transparence et esprit d'entreprise dans le foot amateur
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La RAAL revit à La Louvière: transparence et esprit d'entreprise dans le foot amateur - © Tous droits réservés

Huit ans après sa disparition, le club louviérois fait son retour sur la scène footballistique belge, en division 3 amateurs. Avec pour ambition, rien de moins que d’accéder à la division 1 professionnelle dans quelques années, et pour promesse, la transparence dans la gestion. Pas une dépense non déclarée, publier les résultats financiers du club autant que ses résultats sportifs, une gageure dans le football amateur. Peut-être un coup de pied dans la fourmilière opaque du financement des clubs locaux.

"Transparence, partage, valeurs humaines, éthique, etc." Les mots sont martelés à qui mieux mieux lors de la présentation de la "nouvelle" RAAL. Même si plutôt que d’un phœnix qui renaît de ses cendres, il est en fait question d’un club qui part de rien. De la RAAL, il reste un nom, une histoire et une ferveur certaine chez les supporters. Mais le tout a été mis entre parenthèses en 2009. Cette année-là, la Royale association athlétique louviéroise est radiée. Le club, exsangue financièrement, opte pour la faillite.

"Pas un euro dépensé au noir"

Aujourd’hui, une nouvelle équipe est d’ores et déjà structurée, prête à commencer la saison. Aux commandes, Salvatore Curaba, ancien footballeur de la RAAL et du Sporting de Charleroi, nominé manager de l’année (en 2014) suite à une reconversion plutôt réussie comme fondateur d’EASI (Nivelles).

"Pas un euro dépensé au noir." La promesse d'une transparence totale a en tout cas attiré le sponsor principal du club. La banque ING a injecté 48 000 euros. Delphine Baise y est responsable du sponsoring : "Ce n’est pas évident, en tant que marque partenaire dans le domaine du football, de pouvoir objectiver le pourquoi de certains choix et pas d’autres. Nous sommes au courant de différentes problématiques, sans jamais pouvoir prendre position comme expert, parce que nous n’avons pas fait d’analyse sur le financement du football en particulier".

Une manière à peine détournée de confirmer le malaise que provoque ce tabou : l'argent non déclaré dans les clubs locaux. Frédéric Taquin, T1 - entraîneur principal - de la RAAL : "Je ne regarde pas dans l’assiette des autres. Tout ce que je sais c’est qu’ici, tout est clair et net. Et c’est le plus important". - Mais c’est nouveau ? "C’est fort possible."

Des malus dans les primes des joueurs

Ce n’est pas la seule nouveauté. Le pari est aussi celui de calquer la structure du nouveau club sur celle d'une entreprise. D’ailleurs, pour Salvatore Curaba, "les entraîneurs, c’est un peu les managers de l’entreprise. Ils doivent avoir toute ma confiance. Et j’ai voulu recruter des dirigeants, des gens capables de motiver".

Le fondateur et dirigeant de la RAAL, prévoit d'ailleurs des malus - des pénalités - dans les primes des joueurs en cas de mauvais match... et de lier ces primes au nombre de supporters présents : "Si l’équipe fait match nul contre le dernier du classement, par exemple, j’estime que c’est une contre-performance. Et je ne vois pas pourquoi une prime serait versée pour une contre-performance. Et lier les primes au nombre de supporters présent, je trouve ça logique. Tout employé participe au développement de la société. C’est trop facile de jouer un match et puis d’estimer que le travail est terminé. Il faut aller parler aux supporters, le joueur doit ramener des supporters, être actif sur les réseaux sociaux". La vingtaine de joueurs recrutés suite à deux entretiens d’embauche semble accepter le principe.

L’inconnue dans l’équation

Parce que si le stade est vide, ce sont les sponsors qui quittent le navire. Avec une perte de revenus pour le club. La présence de supporters louviérois dans le stade du Tivoli, c'est donc justement l'inconnue dans l’équation des finances du club. "Ça, c’est vraiment mon stress", concède Salvatore Curaba. Il table sur une fréquentation moyenne d’environ 2000 personnes lors des matches, "voire plus, ça me parait tout à fait possible d’arriver à 3000 personnes en fin de saison". Les aficionados de la vareuse verte ont-ils transféré leur passion vers l’URLC-Union Royale La Louvière Centre ? Force est de constater que non, pour bon nombre d’entre eux. Sur la pelouse comme dans les gradins, rendez-vous le 26 août au stade du Tivoli pour la première rencontre du championnat, face au RJ Wavre.

Y a-t-il un loup qui montre patte blanche (le comble !), dans la bergerie du football amateur ? Ce mélange annoncé de transparence et d’une certaine méthode entrepreneuriale, a en tout cas le mérite d’insuffler du neuf dans le milieu du football amateur.

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