La prison de Leuze-en-Hainaut : trop moderne pour fournir du travail

A la prison de Leuze-en-Hainaut, selon les syndicats, un détenu sur trois demande à réintégrer son ancien établissement. Pourtant, la prison de Leuze est du dernier cri, avec notamment des infrastructures sportives ultra-modernes. Le problème est qu’il n'y a pas assez de boulot pour les détenus qui désirent travailler.

La direction de l'établissement avait annoncé aux détenus qu'ils pourraient travailler dans la prison en échange d'un petit salaire. Mais, pour ça, il faut des entreprises qui pourraient employer les prisonniers.

Début 2015, un entrepreneur qui mettait au travail 20 détenus de la prison de Leuze a cessé ses activités. Depuis, la Régie du travail pénitentiaire éprouve des difficultés à trouver d'autres entreprises intéressées, comme l'explique son président Jean-Marc Boumal : "On essaie de démarcher via les délégués commerciaux mais ce n’est pas aisé et peu d’entreprises locales sont demandeuses ou présentent un projet afin de fournir du travail aux détenus. "

Des métiers trop spécialisés pour être offerts aux détenus

La prison de Leuze est ultra-moderne. Un vrai confort pour les détenus, mais cela a également un impact sur le travail. Certains métiers ne peuvent plus être assurés par la population carcérale, commente David Froissart, délégué CSC à Leuze : "Nettoyage, jardinage à l’intérieur de l’établissement, la technique intérieure de l’établissement, tout ça c’est du travail pour les détenus dans les anciens établissements. Or, maintenant, avec cette technologie qui nous demande justement de recourir à des professionnels, tous ces travaux-là ne sont plus fournis aux détenus."

Travailler : une nécessité pour l’équilibre des détenus

Pour Dimitri Ménart, gardien et délégué CGSP à Leuze, les détenus doivent avoir des occupations. C'est une question de sécurité : "On sait par expérience que, de toute façon, le détenu a besoin de travailler pour se tenir à carreau. Il a besoin de cet argent-là pour le dépenser au niveau des cantines. C’est comme ça qu’on les tient. Ils doivent bouger de leur cellule pour que tout se passe bien".

Au mois de septembre, 75 nouveaux détenus arriveront à la prison de Leuze. La Régie du travail pénitentiaire dit faire le maximum pour amener du travail au sein de la prison.

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