La justice carolo va devoir se priver de son laboratoire d'expertises

Symbole de l'ADN (Acide Désoxyribo Nucléique)
Symbole de l'ADN (Acide Désoxyribo Nucléique) - © AFP

Les séries télévisées nous le rappellent régulièrement : les analyses d’ADN sont très utiles dans de nombreuses enquêtes judiciaires. Ces analyses sont notamment réalisées par le laboratoire privé Bio.be qui est basé à Gosselies (Charleroi). Mais un nouvel arrêté royal, qui entre en vigueur ce mardi 1er décembre 2015, prévoit une forte baisse des tarifs pratiqués pour ces tests génétiques dans les neuf labos privés du genre qui existent dans le pays.

En fait, Koen Geens (CD&V), le ministre de la Justice, semble surtout vouloir privilégier l'Institut National de Criminalistique et de Criminologie de Bruxelles qui réalise aussi ce genre d’analyses. Il s’agit d’un laboratoire fédéral situé à Vilvorde. Cette situation n’arrange pas Bio.be qui se retrouve étranglé financièrement et qui ne pourra pas poursuivre ses activités.

Pourtant, le travail effectué par le laboratoire carolo est salué par beaucoup dont Pierre Hustin, juge d'instruction à Charleroi, qui fait régulièrement appel à ce laboratoire : "Parce qu’il y a proximité pour les enquêteurs qui ne doivent pas se rendre à Vilvorde et parce que l’on connaît les personnes qui y travaillent et qu’on peut se permettre de leur téléphoner pour avoir rapidement des résultats."

Anne de Bast est expert judiciaire chez Bio.be. C'est grâce à son travail que le tueur en série Steven Daubioul, jugé il y a peu, a pu être confondu alors qu'il niait les trois meurtres. Ses propos sont sans équivoque : "A force d’analyses en profondeur et de contacts avec les enquêteurs, on est arrivé à trouver des profils intéressants qui ont permis de confondre Monsieur Daubioul."

Mais, pour elle et ses collègues, la demande d’économies passe mal : "On peut réduire les coûts de maximum 20% pour ne pas travailler à perte. Mais on nous a proposé de travailler à perte pendant six mois et de se revoir après ce délai pour éventuellement réviser l’arrêté royal. Mais on ne pourra pas tenir le coup jusque-là."

D’autant plus que chez Bio.be on pointe aussi près de deux ans de retard dans les factures encore impayées par l'Etat. Le labo carolo ne peut plus suivre et il va cesser ses activités sous peu.

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