La flemme de tondre la pelouse... Et si des moutons s'en chargeaient?

La flemme de sortir la tondeuse...Et si les moutons s'en chargeaient?
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La flemme de sortir la tondeuse...Et si les moutons s'en chargeaient? - © Tous droits réservés

Au service Espaces Verts de la Province de Hainaut, on a adopté quatre moutons particulièrement vaillants et résistants. Ils s'occupent de débroussailler des zones en friche. Economie de temps, de moyens, d'énergie...Les moutons n'auraient que du bon. A condition de protéger les arbres et plantations "à ne pas déguster"...Reportage.

C'est à Ghlin que les moutons se cachent pour l'instant. Ils ont élu domicile rue de Douvrain, à côté de quelques entreprises. Ils broutent souvent loin des clôture. Ces quatre-là n'aiment les visites. Seuls Marc Van Durme et Michel Populaire se risquent de temps à autres sur le terrain. "C'est une ancienne pépinière de la province de Hainaut", explique Marc Van Durme. A la Province, c'est lui le spécialiste de l'éco-pâturage. "Depuis les années 60, c'est un arboretum. On y a également entreposé des matériaux de constructions, des terres de travaux. Malheureusement avec le temps, un gros paquet de ronces s'est enraciné. Depuis l’année passée, la renouée du japon s’est implantée aussi. Comme on est en "zéro phyto" pas question de pulvériser. D'où les moutons..."

 

Ils ne sont pas arrivés tout seul de leur Ecosse natale..."Ils sont arrivés en octobre/novembre, c’est la ville de Mouscron qui nous les a gracieusement offerts car ils pratiquent l’éco-pâturage depuis longtemps j’étais en contact avec le responsable depuis un certain temps il y avait un petit surplus d’animaux".

Marc Van Durme se rappelle encore des course-poursuites endiablées, pour rassembler les moutons, puis les attraper avec des filets à gibier! Epique...Et à les voir détaler, dès que nous sommes à moins de trente mètres, on imagine combien il sera difficile de les "déménager". "Ah ça oui, ça risque de donner lieu à de belles anecdotes", sourit l'agent technique.

Ils sont d'une race particulière, ces moutons. Regardez la photo...Vous la voyez, la ressemblance avec les mouflons? "Ici ce sont des moutons soé originaires des iles du nord de l’écosse en plein milieu de l’atlantique. C’est une race très primitive. Ce sont des descendants très directs des mouflons. Leur isolement sur les iles a évité le mélange avec des espèces continentales. Ils sont habitués à des climats extrêmement rigoureux c’est une espèce très rustique très résistante aux maladies parasites on peut les laisser l’année ils grattent la neige, faut parfois leur amener un petit complément en foin. En général ils se débrouillent tout seul. Les moutons soé sont des animaux qui mangent des pousses des ronces et des polygonums, donc c’est une solution pour limiter la progression de cette plante invasive".

Voilà leur atout numéro un: leur appétit pour tout ce qui dérange les jardiniers. "Là, ils attaquent les jeunes tiges des ronces et à force de s’y attaquer, ils vont épuiser les plantes. Une chèvre va plutôt s’attaquer à la tige, et sera plutôt débroussailleuse. Les moutons sont très efficaces en milieu herbacé". Contre les plantes invasives comme la renouée du Japon, pas de solution jusqu'ici. C'est un vrai problème, surtout qu'elles se développent de plus en plus..."On ne peut que limiter l'envahissement, aucune méthode radicale!"

 

Avec ses quatre moutons, le département des espaces verts débute seulement l'expérience de l'éco-pâturage. Michel Populaire, le chef de Division, espère pouvoir "nettoyer" d'autres sites, très bientôt. "On gère 180 ha d’espaces verts pour toute la province de Hainaut! Deux autres projets sont à l’étude. Pour le premier, c'est à nouveau sur un site avec des renouées envahissantes. L’autre projet, ce sont des acacias qu’on a dû couper mais les repousses d’acacia sont là. Ce ne serait sans doute pas avec des moutons, mais avec des chèvres. Ce projet serait également pédagogique, il intègrerait des enfants handicapés. Nous attendons tous les accords mais ça se concrétise".

 

En s'occupant des tâches les plus ingrates, les moutons permettent à la Province de faire des économies. "Vu les effectifs qui se réduisent, cela permet de garder les hommes sur les travaux qui demandent de la qualification. Les moutons font le travail ingrat, celui qui ennuie tout le monde, prend du temps et coûte cher. Le déplacement coûte cher, le carburant, les heures d’hommes coûtent cher. Les moutons, rien, pas grand-chose en tout cas !"

 

Dernière info, à vous qui irez peut-être voir ces moutons. Ne vous inquiétez pas s'ils vous paraissent mal en point, à certaines périodes de l'année. "Parfois des gens appellent, pour dire que les moutons sont négligés, maltraités. Il y a bien une surveillance, une visite vétérinaire annuelle. Mais ils ont surtout besoin qu'on les laisse tranquille. Par exemple, ils muent seuls, il ne faut pas les tondre. Ca donne un côté un peu négligé, les voisins rouspètent...Mais bon! ils ne sont pas laissés à l'abandon"

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