La fête musulmane de l'Aïd El Kebir boycottée à Charleroi aussi ce jeudi

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Illustration - © Belga - Etienne Ansotte

Cette année, certains musulmans de Belgique ont décidé de boycotter cette fête où le mouton est abattu et mangé selon le rite religieux.

En cause : la fermeture des sites d’abattages temporaires en Wallonie et en Flandre. Et surtout les nouvelles règles d'abattage qui imposent d’étourdir les bêtes avant de les tuer.

Pour certains musulmans carolos, la fête aura bien lieu mais sans sacrifice.

Cet appel au boycott a été lancé en premier par l’espace associatif Averroès et l’union des mosquées de Charleroi. Ayoub Lamrini, juriste de l’espace Averroès, explique : " Vu l’absence d’initiative des autorités politiques qui, normalement, doivent prendre toutes les dispositions nécessaires pour permettre aux musulmans de pratiquer leur culte, et bien nous avons fait appel à cette initiative contraints et forcés. Ce n’est absolument pas avec joie et bonheur."

Le mouvement est suivi par de nombreux musulmans de Charleroi. Pour Aissani Zoheir, boucher halal carolo, le travail va être modifié : "D’habitude, on prenait la charge de faire le sacrifice à la place des gens qui travaillent et qui n’ont pas le temps. Donc on nous a confié ça. Cette année, la différence c’est qu’on ne va pas faire le sacrifice mais les gens vont quand même avoir de la viande halal normale. "

Du côté des abattoirs de Charleroi, ce boycott a des conséquences comme l’explique Phillipe Laurent, le directeur : "Nous avons eu moins de réservations que ce que nous pensions avoir quand on a dit que les abattoirs temporaires ne seraient pas ouverts. Donc on comptait sur un volume plus important et, finalement, à cause du boycott, nous aurons un volume moins important. En terme de chiffres, on devrait avoir entre 60 et 70% du nombre de l’année dernière où il y avait un peu plus de 200 moutons et 150 bovins. "

Le boycott de l’Aïd el kebir ne fait pourtant pas l’unanimité. Pour Noureddine Smaïli, le président de l’exécutif des musulmans, "on ne se boycotte pas soi-même, ça c’est la première des choses. Si vous voulez dire que nous sommes tristes, nous sommes tristes. Si vous voulez dire que nous sommes mécontents, on l’est. De toute façons, ici, en 2015, on a raté la fête du sacrifice. Mais on fera en sorte de réussir les prochaines. "

Le boycott de ce jour est donc fortement suivi mais il ne représente toutefois pas toute la communauté musulmane.

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