La ferme d'Eric Van Steenkiste étant à cheval sur la Flandre et la Wallonie, ses bovins ne peuvent pas se mélanger

A gauche sur la photo, l'étable en territoire wallon de la ferme d'Eric Van Steenkiste, et à droite, l'étable flamande. Les bovins ne peuvent pas se mélanger.
A gauche sur la photo, l'étable en territoire wallon de la ferme d'Eric Van Steenkiste, et à droite, l'étable flamande. Les bovins ne peuvent pas se mélanger. - © Laurent Dupuis

La ferme d’Eric Van Steenkiste se trouve à cheval sur la frontière linguistique. Le siège principal avec le corps de logis et une première étable se trouvent à Zarlardinge, dans l’entité de Grammont, et une seconde étable est située à Ghoy, dans l’entité de Lessines, près d’Ath. Une route communale appartenant à la commune de Grammont divise la ferme en deux. 

Cela engendre une situation ubuesque pour l’agriculteur qui possède 200 bovins et une septantaine d’hectares de champs et de prairies.

Mixité interdite

Eric Van Steenkiste, âgé de 54 ans, a construit au début des années 2000 sa seconde étable sur le territoire wallon. Puis, en 2002, survient la régionalisation de l’agriculture. "Du coup, j’ai un troupeau wallon en Wallonie et un troupeau flamand en Flandre et mes bêtes ne peuvent pas se mélanger. Si j’ai de la place dans un box dans l’étable wallonne, je ne peux pas y mettre cinq vaches flamandes. C’est interdit. C’est la même chose en prairie. Les bovins flamands ne peuvent pas se retrouver avec les bovins wallons. Si j’ai un contrôle, je suis en infraction et je reçois une amende. Si mes bêtes avaient été mélangées avec celles d’un autre agriculteur, je comprendrais, mais là, ce sont toutes mes bêtes. Elles viennent du même producteur."

Mais comme une partie de la ferme se trouve en Flandre et l’autre en Wallonie, l’agriculteur possède deux unités de production. "Et pourtant, il n’y a même pas dix mètres entre les deux étables."

Deux fois plus de papiers

Autre conséquence pour l’agriculteur : le doublement du travail administratif. "Mon épouse m’aide et je reçois également des coups de main de personnes compétentes. Et heureusement qu’ils sont là parce que la législation n’est pas forcément la même en Flandre et en Wallonie et je dois faire attention pour ne pas être en infraction."

Eric Van Steenkiste trouve cette situation ridicule. "Comment est-ce possible dans un si petit pays ? Mais bon, je m’y suis fait à la longue."

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