La disparition de plantes provoque l'extinction de certaines abeilles

Les abeilles qui colonisent une seule plante risquent de disparaître.
Les abeilles qui colonisent une seule plante risquent de disparaître. - © Flickr - tireboushtroumpf

La disparition des plantes déclenche l'extinction d'espèces animales. C'est la conclusion d'une étude publiée dans la revue scientifique "Nature Communication". Une étude internationale à laquelle ont pris part deux biologistes de l'UMons.

Les scientifiques ont analysé le comportement des plantes et de plusieurs espèces animales avec le changement climatique. "Ce qui ressort de cette analyse, c’est que le réchauffement qui s’annonce va particulièrement affecter les espèces spécialisées, explique le professeur Denis Michez, l’un des deux biologistes montois - avec le professeur Pierre Rasmont - à l’origine de la découverte. Autrement dit : les espèces qui ont peu d’interactions entre elles - par exemple, une abeille qui va butiner sur un nombre réduit de plantes - vont plus en pâtir que les autres."

En plus du changement climatique, les abeilles vont donc aussi souffrir de la disparition de leur plante hôte. Un constat pessimiste, mais Denis Michez nuance : "Il est pessimiste pour certaines espèces. Celles qui sont spécialisées sur certaines plantes en particulier. En clair, si elles ne s’adaptent pas, elles risquent de disparaître. Par contre, des espèces plus généralistes vont s’adapter et s’en sortir. On ne peut donc pas tirer de conclusion générale. "

Tirer la sonnette d'alarme

Le but de l’étude est quand même de tirer la sonnette d’alarme. "Elle montre que le réchauffement climatique qui s’annonce aura un impact sur la biodiversité. L’ampleur de ce changement dépendra des politiques mises en place. Mais il est sûr que plus le changement sera important, plus l’impact va être négatif."

Au total, les chercheurs internationaux ont analysés 700 espèces végétales et animales présentes en Europe. Une vingtaine de laboratoires ont travaillé dessus. L’Université de Mons s’est chargée du rassemblement et de la gestion des données concernant les abeilles sauvages sur le continent.

La banque de donnée européenne organisée à Mons comprend maintenant près de 3,5 millions de données, ce qui en fait la plus grande source d'information du monde sur les abeilles sauvages

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