Jacqueline Galant (MR): "Les gens n'ont élu qu'une bourgmestre"

Enfant, elle se faisait appeler "le petit maïeur". Jacqueline Galant est tombée petite dans la marmite politique. "Quand je suis devenue bourgmestre, c'était quasiment naturel", explique-t-elle. Jacqueline a en fait hérité du poste de bourgmestre de son père, Jacques. Depuis, elle est la patronne incontestable de Jurbise. Grâce à ses scores électoraux, la bourgmestre est d'ailleurs devenue ministre fédérale. Un cumul qu'elle assume sans tabou.

Pour rien au monde, Jacqueline Galant n'abandonnerait son poste de bourgmestre. Le mandat local lui a offert une assise électorale, une légitimité politique. Cela a aussi propulsé sa carrière politique. "C'est grâce à Jurbise que je suis là où je suis", reconnait la ministre fédérale. "Je n'oublie jamais d'où je viens". Officiellement, Jacqueline Galant est désormais bourgmestre "empêchée". Mais, "il n'y a qu'un seul bourgmestre par commune !", rétorque-t-elle. Du coup, "vu la confiance accordée", la ministre fédérale est encore omniprésente dans la commune. Elle pilote les grands dossiers de la ville.

Jacqueline Galant assiste par exemple au collège communal, en tant qu'invitée, car, légalement, elle n'est plus autorisée à siéger. Chaque samedi, elle organise également une permanence sociale. Les citoyens peuvent venir l'interpeller sur des dossiers communaux, mais aussi sur des matières liées à son ministère. Comment alors s'y retrouver entre les différentes casquettes ?

Pourquoi ce mandat de bourgmestre est-il si passionnel ? Pourquoi garder à tout prix le maïorat, même si la loi l'interdit ? Quelles sont les missions du maïeur ? Son influence, ses réseaux ? Pour décortiquer le pouvoir local, nous avons suivi différents bourgmestres. Ce mercredi soir, "Questions à la Une" vous propose une plongée inédite dans la vie politique communale.

Un décret wallon pour préciser la situation

La loi interdit à un ministre d'exercer les fonctions de bourgmestre. Et cela, afin d'éviter les conflits d'intérêt. Une fois l'élu désigné ministre, toutes ses attributions sont déléguées à un remplaçant. Il ne peut plus signer aucun acte officiel de la commune.

Or, comme vous le découvrirez dans le reportage, entre la loi et la pratique, les interprétations divergent. Jacqueline Galant reconnait elle-même ne pas "être trop pour les faisant-fonction". Autrement dit, sa remplaçante, Brigitte Culquin, est "échevine déléguée à la signature maïorale". Elle a donc toutes les fonctions sauf le titre. "Les gens n'ont élu qu'une bourgmestre".

Cet été, le gouvernement wallon a annoncé qu'il préciserait les contours de la loi concernant le cumul bourgmestre-ministre. Une preuve de plus que la situation actuelle est floue.

"Il y a encore beaucoup trop de politique politicienne"

Jusqu'où va le pouvoir du bourgmestre ? Comment peut-il activer des leviers pour développer sa ville ? "Tout le monde active ses réseaux pour faire avancer ses dossiers, admet Jacqueline Galant. Il faut arrêter de prendre les gens pour des gros naïfs."

Retrouvez Jacqueline Galant, mais également Jean-Michel Javaux (Ecolo), Yvan Mayeur (PS), Maxime Prévot (cdH) et d'autres bourgmestres dans "Questions à la Une" ce mercredi soir, à 20h20 sur la Une.

Rentrée de Questions à la Une: "Votre bourgmestre a-t-il le bras long?"
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