L’abattoir de Charleroi va cesser ses activités d’abattage le 30 juin : les éleveurs locaux sont inquiets

Dès le 30 juin, l’abattoir de Charleroi cessera ses activités d’abattage. L’annonce plonge dans le désarroi de nombreux éleveurs de la région et même au-delà. Les abattoirs se font en effet de plus en plus rares en Wallonie car tous sont confrontés à des problèmes de rentabilité.

Et c’est d’ailleurs la raison avancée par le directeur de l’abattoir situé à la frontière de Lodelinsart et de Gilly. Tous les services ne cesseront cependant pas leurs activités : la découpe sera toujours possible tout comme le stockage. Mais c’en est donc fini de l’abattage. Pour poursuivre cette activité, il aurait fallu réaliser des investissements trop coûteux au regard de ce que cela rapporte. Petite consolation : la fin des abattages ne causera aucune perte d’emploi.


En attendant pour les éleveurs de la région carolo et au-delà, c’est la tuile. Cécile Schalenbourg élève des brebis à Donceel, près de Waremme en province de Liège. Et c’est à Charleroi qu’elle faisait abattre ses bêtes : " Charleroi était le plus près et le plus wallon on va dire. Et le service que l’on avait à Charleroi était juste parfait quoi. La fermeture de l’abattoir a, pour nous, été un choc parce qu’on a très peu de temps pour se retourner. Les étables sont pleines. Il y a eu une fermeture en série d’abattoirs qui ont dû faire face à des mises aux normes fort importantes et ce sont des coûts financiers qui ne sont dès lors plus couverts par les frais d’abattage. Par ailleurs, il y a des rachats d’abattoirs par des grands groupes et c’est le cas de Charleroi par exemple. Donc, l’abattoir devient un outil financier parmi d’autres au sein de ces groupes-là. Alors, il y a une interpellation du politique d’une manière plus globale sur cette question-là. On promeut le local à tout prix, on remet en valeur la viande, le lait, le fromage mais les outils de transformation et d’abattage disparaissent ou sont uniquement accessibles à des élevages beaucoup plus gros, à des industriels ou à des grossistes."

La Fédération Wallonne des Agriculteurs a également réagi à cette fermeture programmée dans un communiqué paru ce jeudi. "Nos éleveurs locaux, pratiquant un élevage en petits volumes et en circuit court, ont grandement besoin des abattoirs locaux", plaide la FWA. "Devant se rediriger vers des structures plus éloignées, et de plus grande taille, l’abattage sera nettement plus coûteux avec pour conséquence une perte sévère de rentabilité, des transports plus longs et un risque pour la pérennité de leur activité."

La fédération demande à la Wallonie d’aider à chercher un repreneur pour l’abattoir. Elle demande aussi un soutien renforcé des petits outils d’abattage, indispensable aux filières locales.

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