"Katharsis", le polar carolo qui s'aventure du coté obscur du Web

Melissa Collignon, l'auteure de ce roman policier "Katharsis"
Melissa Collignon, l'auteure de ce roman policier "Katharsis" - © M. Collignon

"Et si l'un de vos proches mourait en direct sur le net?" La punchline de "Katharsis", le nouveau roman de Mélissa Collignon, donne immédiatement le ton. Pour son 2ème livre (ndlr: le premier "L'Avalant" est sorti en 2015), l'auteure, originaire de Thuin, a voulu changer radicalement de style. "L'histoire de mon premier roman se déroulait au début du siècle passé, dans le milieu de la batellerie à Thuin. J'ai passé 3 ans à l'écrire et j'avais vraiment envie de sortir de ce monde-là et d'aborder un thème beaucoup plus contemporain qui est en fait le voyeurisme sur Internet. On l'utilise beaucoup, j'ai moi-même deux petits garçons et je me soucie évidemment de la façon dont ils vont utiliser plus tard Internet. J'ai aussi vu pas mal de reportages sur ce thème et ça m'a donné très vite l'envie d'écrire sur le sujet mais de le tourner en fiction. C'est ce que j'aime: partir du réel et le tourner en fiction."  "Katharsis" raconte ainsi l'histoire de Mathias Scalo, un jeune gars qui filme des incivilités qu'il remarque en rue, puis qui les poste sur son site Internet. Son but est de faire réagir les internautes qui le suivent mais surtout d'humilier. "Pour lui, l'humiliation est un business", nous explique Mélissa Collignon. "Jusqu'au jour où c'est sa sœur jumelle, Marie, qu'on découvre morte à la une de son site. Le tout dans une très humiliante mise en scène. Au-delà de l'enquête et du polar, le livre parle aussi de la manière dont les médias peuvent influencer l'opinion jusqu'à la chute du bouquin que je ne vous révèlerai évidemment pas."

Pas facile de se faire une place

Mélissa Collignon a toujours été passionnée par la littérature et par l'écriture. Après avoir remporté quelques concours, elle décide il y a quelques années de se lancer dans l'écriture de son premier roman. Elle n'imaginait pas encore les difficultés qu'elle allait rencontrer. "L'écriture c'est très lent, très solitaire. Il faut s'accrocher parce que pendant 3 ans, si ça tombe, on est en train d'écrire quelque chose de très mauvais qui ne plaira à personne et qu'aucun éditeur ne voudra publier. La démarche est très difficile à la base. Et puis quand on trouve un éditeur, il y a toute la communication qu'il faut gérer. Car il faut bien le dire: les grands auteurs en France ou en Belgique prennent beaucoup de place." Du coup, il faut miser sur le bouche-à-oreille et sur quelques bons libraires qui donnent une belle visibilité au livre. Pour "Katharsis" (paru aux éditions Dricot), les retours sont très positifs. "Les gens qui aiment les polars me disent en tous cas qu'ils ont aimé. Que c'est haletant et qu'on a envie de connaître la suite. Le sujet n'est pas facile, c'est prenant, un peu glauque. C'est ce que j'ai voulu et je crois que ça plaît." Quelques semaines après la sortie de "Katharsis", Mélissa Collignon ne compte pas s'arrêter là. Elle a déjà écrit les premières lignes de son 3ème roman, encore une fois en changeant de style. Une belle histoire d'amour, paraît-il... 

 

  

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