Jemappes: des inspecteurs Erasmus sur les bancs de l'école

Des inspecteurs français et espagnols assistent aux jeux de rôle des élèves
Des inspecteurs français et espagnols assistent aux jeux de rôle des élèves - © Marie-Anne Brilot

Le programme européen Erasmus a 30 ans cette année. Quand on dit Erasmus, on pense aux jeunes qui partent étudier à l’étranger. Mais Erasmus concerne aussi des enseignants, des chercheurs et des inspecteurs. Une vingtaine d’inspecteurs niçois et des Iles Canaries sont en Belgique. Ils se sont arrêtés à l’école communale Henri Pohl à Jemappes près de Mons. Cette école accueille beaucoup d’enfants de familles précarisées, des enfants de gens du voyage sédentarisés aussi et pourtant la réussite est là…

Progresser gràce au langage  

Lilou a 10 ans, elle est arrivée dans cette école il y a quatre ans, elle en a dix. Sa famille habite un campement et elle n’a qu’une envie: progresser à l’école. "Comme je n’avais pas fait mes maternelles, je ne savais pas dessiner, je ne savais trop compter non plus, je ne savais pas lire, du coup quand madame me posait une question, je ne savais rien faire, j’étais un peu gênée par rapport aux autres". Lilou en a fait du chemin, par son assurance et sa facilité de communiquer, elle démontre à quel point on peut réussir même si on n’est pas forcément bien armé au départ. Plus de la moitié des parents d’élèves de cette école n’ont pas d’emploi, et l’école n’est pas spécialement la priorité dans beaucoup de cas. Les enseignants ont montré aux inspecteurs français et espagnols comment ils tentent d’accrocher l’élève à l’école. Des jeux de rôle, des exercices interactifs sur ordinateur, les institutrices travaillent beaucoup sur le langage et l’oral pour intéresser l’enfant et le tirer vers le haut. Et à voir la mine réjouie des élèves ce matin-là devant les inspecteurs, pari gagné. "C’est incroyable l’implication des enseignants et des élèves" nous dit Gustavo Orada Samora, inspecteur espagnol "nous devons, nous, travailler beaucoup avec une population immigrée au sud de l’Ile et le principal souci, c’est l’absentéisme". Pour Patrick Lhospital, inspecteur à Nice, "on a besoin de plus d’enseignants pour encadrer ce type d’élèves, nous avons aussi une population de gitans sédentarisés mais nous avons aussi et surtout besoin de nous remettre en question et de trouver des méthodes pédagogiques innovantes". Pas peu fière du travail présenté par ses élèves, la directrice, Sylvie Strappazzon insiste, "peu de gens connaissent la réalité de notre quotidien, alors que des inspecteurs viennent voir ce que l’on fait sur le terrain et à quel point les enfants sont réceptifs, évidemment que nous sommes fiers de partager cela et c’est important car on se rend vite compte que ce soit à Nice ou en Espagne, nos chemins et notre action se rejoignent".               

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