Grecs de Belgique: "Je veux croire que la Grèce ne va pas disparaître"

Georgios et son frère Costa Giparakis dans le restaurant familial
Georgios et son frère Costa Giparakis dans le restaurant familial - © Martin Caulier

Georgios, 51 ans, est patron d'un hôtel-restaurant à Mons. Arrivé à l'âge de 24 ans, il a quitté la Grèce et sa place à la commune d'Athènes pour venir chercher du travail en Belgique. Il n'est jamais reparti depuis. Aujourd'hui, marié et père de deux enfants, il reste pourtant attaché à son pays d'origine. Une partie de sa famille vit toujours en Grèce et il les aide dès qu'il peut. "J'ai assumé ces mesures d'austérité malgré le fait que j'habite à l'étranger parce que je suis propriétaire en Grèce et cela coûte de plus en plus cher. En plus, je dois aider ma famille. Chez nous, c'est sacré la famille. Je ne peux pas me permettre de partir en vacances alors que ma famille n'a pas de quoi manger". Quand il le peut, Georgios envoie de l'argent à ses proches restés au pays.

Un sens de la famille qui l'a poussé, il y a un an de cela, à faire venir son frère Costa. Après une carrière d'une trentaine d'années dans les assurances, lui aussi a dû se résoudre à quitter la Grèce. Son salaire de 400 euros par mois ne suffisait pas à faire vivre sa famille. "Quand la situation est devenue intenable, j'ai appelé ma femme et ma belle mère et je leur ai annoncé que je partais chez mon frère en Belgique pour travailler. Je me sentais amer et triste vis à vis de mon entourage", explique Costa les traits tirés. Depuis un an, il travaille de nuit à la réception de l'hôtel de son frère. Pour lui, c'était la seule manière de pouvoir véritablement aider sa famille en Grèce.

En 2013, ils étaient 62 000 comme Costa à quitter le pays. Un exode qui se fait également ressentir en Belgique. Entre 2010 et 2013, le nombre de permis de séjour délivrés à des ressortissants grecs a presque doublé passant de 605 en 2010 à 1180 en 2013.

Georgios croit en une Grèce europénne

Malgré les difficultés économiques du pays, Georgios veut croire en l'avenir d'une Grèce européenne : "Je veux croire que la Grèce, depuis qu'elle existe, ne va pas disparaître parce que si l'esprit grec disparait, je ne vois pas ce qui restera ici en Europe". Georgios est inquiet pour l'avenir des siens mais il reste pourtant persuadé d'une chose: "Le peuple grec, c'est un peuple avec beaucoup de valeurs. Et quand tu as beaucoup de valeurs, tu sais bien te tenir debout. Même sans argent parce que tu sais faire face aux difficultés".

Quelques heures après l'annonce d'un nouveau plan de sauvetage de la Grèce à hauteur de 82 milliards accompagné de nouvelles mesures d'austérité, la communauté grecque de Belgique reste inquiète.

En 2014, la Belgique comptait 15 909 grecs dont 3541 en Wallonie et 1776 en Hainaut. Il y a fort à penser que beaucoup d'entre eux suivront de très près les évènements cruciaux de cette semaine.

 

 

 

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