Invendus dans les boulangeries : quelles solutions face à l'exigence des clients ?

Les invendus au rabais : une des solutions ?
Les invendus au rabais : une des solutions ? - © rtbf.be

Chaque jour, des tonnes de pain sont jetées à la poubelle. En moyenne, ce sont 7% de la production qui est perdue. Mais, parfois, ce chiffre grimpe jusqu’à 50%. Ces chiffres sont ceux d’une étude menée dans 300 boulangeries belges par Too Good To Go, un organisme qui lutte contre le gaspillage alimentaire. Certains boulangers essayent néanmoins de changer les choses de diverses manières.

Mais aucun d’entre eux n’envisage cependant de produire moins ? Et il y a une bonne raison à cela comme l’explique Philippe Thirion, directeur de la boulangerie du même nom : "Ce serait un manque à gagner. La clientèle se détournerait vers des concurrents boulangers voire vers la grande distribution, des supermarchés qui, eux, sont ouverts jusqu’à 20h00."

Cette pression des consommateurs et souvent ce qui est pointé du doigt par six commerçants sur dix. Beaucoup de gens surconsomment et, surtout, veulent du choix quand ils le veulent. Ainsi, au lieu de venir plus tôt quand il y a encore du choix, ils préfèrent venir quand ça les arrange et exiger quand même de trouver les produits qu’ils désirent.

Pour lutter contre le gaspillage, la boulangerie Thirion a différentes méthodes. D’abord, il y a cette application qui permet aux clients de récupérer les invendus à prix cassés en fin de journée. Des sacs de pains sont aussi donnés à des associations. Et le reste prend la direction d’un conteneur dont l’usage est confirmé par Jeanine Nocciolini : "C’est du vieux pain et, une fois pour semaine, on vient chercher ce container plein et on nous en ramène un vide. Et ce sont des aliments pour le bétail…"

Dans cette autre boulangerie, à Châtelet, on joue cartes sur table. Viennoiseries, tartes, pain : tous les invendus de la veille sont présentés comme tels à l’étalage et sont vendus à moins 30%. Ce boulanger prend aussi le parti de produire moins, quitte à ce que les rayons ne soient pas remplis. Mais, pour Jonathan Mahy, cela ne plaît pas toujours aux clients : "Si on ne les vend pas, c’est de la perte. Si on ne produit pas assez, le client qui arrive à 11h30 pour un petit pain au chocolat et que l’on n’en a plus, il ne trouve pas ça normal. Mais ils sont fort exigeants et ils ne comprennent pas que s’il n’y a plus, il n’y a plus. Ça, c’est un gros problème."

Le gaspillage du pain représente 1/5 du gaspillage alimentaire total. Dans les boulangeries, les initiatives se multiplient pour réduire au maximum ces pertes mais il y a encore du pain sur la planche.

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