"Il faut arrêter de critiquer la sécurité", se défend l'aéroport de Charleroi

Les attentats de paris ont révélé certaines failles dans le dispositif mis en place pour repérer les candidats au djihad qui reviennent de Syrie ou d’Irak. Un ancien des services de renseignement français estime qu' il y a un vrai souci de contrôle au niveau des frontières Schengen et il pointe notamment la Belgique et tout particulièrement l’aéroport de Charleroi. Une critique qui a fait bondir la direction de l'aéroport. Jean-Jacques Cloquet, l’administrateur-délégué du BSCA, le Brussels South Charleroi Airport, est formel : à leur atterrissage, ils ne seront pas moins contrôlés qu’ailleurs. Pour lui, "Il y a évidemment un contrôle et là il y a encore deux types de contrôles. Si c’est un passager avec un document de transport européen, il passe en prenant la file Europe et, là, ses documents d’identité sont contrôlés, la personne est regardée et on vérifie si les documents sont bien à jour. Mais il n’y a pas un contrôle approfondi sauf si on a des doutes. Par contre, dans l’autre file, il y a un contrôle approfondi. Donc, quand on parle des personnes qui ont un document d’identité français, comme celui de l’ennemi public numéro un qui a quand même pu passer un contrôle routier samedi matin en France, il faut arrêter de focaliser sur la Belgique et, en particulier, sur Charleroi parce qu’il n’y a pas de différence par rapport à tous les autres aéroports européens. "

Et Jean-Jacques Cloquet rappelle que le dispositif mis en place à Charleroi a déjà porté ses fruits : un ressortissant syrien, suspecté de terrorisme et détenteur d’un faux passeport, a notamment pu être arrêté il y a un an. Il insiste : " Cela avait été mis en évidence de manière remarquable par la Sureté : Charleroi avait réussi à bloquer des gens ici par des contrôles effectués par notre personnel et complétés par ceux de la police. On avait été mis à l’honneur. Maintenant, si on veut aller plus loin, il faut remettre des contrôles aux frontières partout y compris dans l’espace Schengen. C’est-à-dire, pourquoi pas avoir un document scanné pour toute personne qui prend l’avion. "

Mais on n’en est pas encore là et, en attendant, le numéro un de l’aéroport de Charleroi le répète : il n’y a, dit-il, aucune raison de pointer du doigt son dispositif de sécurité, un dispositif qui fait d’ailleurs très régulièrement l’objet d’une réévaluation. Notons que les autorités françaises ont réagi suite à ces propos assez critiques d’un ancien responsable de ses services de renseignement. La France estime que ces déclarations sont fausses injurieuses et indécentes. L’homme n’est plus en service depuis 14 ans.

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