Cours de citoyenneté: la frustration de ce prof de religion d'Herseaux

Le cours de citoyenneté est au cœur des débats dans les écoles. Les profs de morale aimeraient être prioritaires pour le donner car ils s’estiment neutres. Mais ils n’auront pas la priorité sur les profs de religion. De leur côté ces derniers voient d’un mauvais œil qu’on leur prenne une heure de cours. Rencontre avec Jean-Marc Verlinden, professeur de religion catholique à l’ICET.

Jean-Marc Verlinden est énervé quand on lui parle du cours de citoyenneté. Il est professeur de religion catholique dans l’enseignement communal secondaire à l’ICET d’Herseaux. À partir de septembre 2017, on lui retirera une heure de religion pour le cours de citoyenneté. Une décision qu’il a bien du mal à accepter. "Moi je ne trouve pas que ce soit la solution. Je suis tout à fait d’accord d’avoir des heures de citoyenneté, mais en plus des heures de philosophie", explique-t-il. De plus, dans son école, il y a déjà un éveil à la citoyenneté. "Sur un thème on organise une exposition, on invite des témoins, on est par exemple allé à Breendonk, on a eu la chance de pouvoir aller à Auschwitz. Et on fait ça en front commun, c’est-à-dire que chaque collègue, les professeurs de religion musulmane, catholique, orthodoxe et les professeurs de morale travaillent dans le même sens. On donne l’information ensemble, et après chaque élève retourne avec son professeur qui va continuer le débat dans sa propre démarche."

"C’est une partie de ma vie qui s’arrête"

Pour ce professeur de religion, si on enlève une heure du cours philosophique, il ne sera plus possible de proposer ces cours en front commun aux élèves. Jean-Marc Verlinden avait déjà interpellé Joëlle Milquet en décembre dernier, mais n’a pas reçu de réponse. Il a interpellé Marie-Martine Schyns qui lui succède. "Je lui ai demandé s’il était possible de la rencontrer. Ou même mieux, qu’elle vienne me rencontrer en classe pour qu’elle se rende compte de ce qui est fait avec les élèves et surtout avec mes collègues."

Ce nouveau décret sur les cours de citoyenneté travaille beaucoup ce professeur mouscronnois. En 34 ans de carrière, il n’a jamais été malade. "Depuis que j’ai appris que mon cours s’arrêtait, c’est une partie de ma vie qui s’arrête. J’en ai fait une petite dépression. Maintenant, j’ai repris le dessus. Ce combat sera pour moi, un peu comme un appel de l’abbé Pierre, une façon de dire que ce qui arrive, ce n’est pas normal. On ne peut pas tout accepter dans l’enseignement. On a déjà eu le cas avec les pensions, on a le cas avec les années d’études qui ne comptent plus, finalement, on nous retire tout. Et nous sommes là comme des moutons à tout accepter. Là, je ne suis plus d’accord, je dois réagir." Jean-Marc Verlinden espère avoir une réponse de la ministre de l’Éducation pour lui montrer que dans l’enseignement "il y a une belle ouverture d’esprit, qu’on n’a pas ailleurs en Europe et qu’il serait dommage de l’enlever."

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