Hainaut: 290 policiers ont démantelé un vaste réseau en lien avec la mafia

Depuis le 22 avril, la Police Judiciaire Fédérale de Mons-Tournai a procédé à 47 perquisitions dans l’arrondissement. Elles ont eu lieu dans le Tournaisis, Péruwelz, les Hauts-Pays, le Borinage et Mons, mais également dans la région namuroise et en province du Luxembourg (Marche-en Famenne et Izel). 31 personnes ont été interpellées sur les quatre jours d’opération.

Une opération de grande ampleur

Tous les services de la PJF Mons-Tournai (enquêteurs, laboratoire,...) ont été engagés. Avec l’appui fourni par les unités spéciales, les polices judiciaires fédérales de Namur, Charleroi et Luxembourg, les maîtres-chiens drogues, le service central chargé de la fausse monnaie et les zones de police locale concernées (ZP Peruwelz-Bernissart, ZP Mons-Quévy, ZP Boraine, ZP Hauts-Pays, ZP Namur), les services des Douanes... ce sont près de 300 personnes qui ont participé à l'opération. 

Crime, stupéfiants, faux billets, prostitution, blanchiment... en lien avec la mafia

L'intervention s’est déroulée dans le cadre d’un dossier, instruit par un juge d’instruction de Mons, pour organisation criminelle, trafic de stupéfiants, trafic de faux billets, prostitution, fraude douanière et blanchiment.

Des liens dans certains volets de l’enquête sont clairement établis avec des clans de la mafia albanaise (plantations de cannabis) et la mafia italienne (fausse monnaie).

Le noyau de l'organisation criminelle se trouvait à Tournai. "Nous avons appris dimanche que le principal suspect s'apprêtait à quitter la Belgique", explique le Procureur du Roi de Mons Tournai, Christian Henry. "C'est ce qui a été l'élément déclencheur pour la vague de perquisitions".

Un montage complexe de sociétés permettait à l’organisation familiale impliquée dans les divers trafics de masquer les activités criminelles et délictueuses, de blanchir l’argent et de bénéficier de revenus importants. Au cours de l'opération, 31 personnes ont été privées de liberté, 11 ont été placées sous mandat d’arrêt, d’autres ont été libérées sous conditions ou inculpées.

Mais les enquêteurs ont aussi démantelé 7 plantations de cannabis, dont 3 actives (dans le Namurois, le Luxembourg, à Faux-lez-Tombes, Mons, Tournai...) Ils ont saisi plus de 25 kilos de cannabis, fermé 3 bars en région tournaisienne (le Marquis à Espierre, le Blue Lagoon et le Charnel Club à Tournai), et saisi de plus de 35.000 euros en cash. 5 véhicules, des armes de type riot gun Calibre 12, revolver 357 magnum, revolver 320, pistolets... ainsi que des documents et comptabilités concernant les sociétés suspectes ont également été emportés.

Enormément de matériel de plantation de cannabis saisi a été détruit ou valorisé.

Sous la direction du juge d’instruction montois, l’enquête est poursuivie par la section "Stupéfiants" de la Police Judiciaire Fédérale de Mons-Tournai. Des échanges d'information sont en cours avec Europol, les polices albanaise et italienne. Des devoirs d'enquête supplémentaires pourraient avoir lieu à l'étranger.

Pour Christian Henry, seuls des coups de filet de ce type peuvent réellement déstabiliser une organisation criminelle. "Arrêter un dealer, c'est finalement laisser la place à deux ou trois autres. C'est sans fin. Une enquête comme celle-ci nous donne beaucoup plus de travail, mais elle a l'avantage de faire vaciller une organisation criminelle. Ici on a voulu couper la tête d'un réseau".

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