Total Feluy: 1500 euros pour ne pas faire grève le 13 février

Le syndicat de gauche des cadres, le SETCa, a appelé les travailleurs de l’entreprise Total Petrochemicals de Feluy à suivre le mot d’ordre de grève générale le 13 février. Mais il accuse la direction de vouloir contourner la grève en offrant aux travailleurs, qui l’accepteront, ce que le syndicat appelle un « Pack cadeau ». Composé d’une prime de 560 € brut, d’une journée d’absence payée et d’un sursalaire, ce pack aurait une valeur totale de 1500 € qui s’expliquerait par la prestation ce jour-là de deux pauses de douze heures le 13 février et une autre de huit heures pour le premier poste du 14 février.

Le SETCa se dit scandalisé et son secrétaire régional, Philippe Bertleff, parle de non-respect du droit de grève : « Nous quand on fait grève, on peut donner une indemnité de grève de 30 €. Et vous pensez bien qu’on ne peut pas, aujourd’hui, dire aux grévistes qu’ils ont des valeurs et de rester avec nous alors que la direction de Total Feluy est en train d’acheter les grévistes en leur promettant un salaire à la journée, pour une journée de 24 heures de 1500 à 1800 euros. Ça c’est inacceptable pour nous ».

Dominique Laporta, délégué principal SETCa sur le site de Total Feluy ne décolère pas : « Ca nous interpelle et ça nous fait réagir. D’abord nous n’avons pas reçu le mail de la direction. Nous l’avons intercepté sur le terrain. Ce mail n’était pas adressé à la délégation syndicale. Ensuite, on a constaté que la première partie de ce courriel attaque la FGTB. Enfin il y a ce package cadeau qui est une première. En trente ans de carrière, je n’ai jamais connu ça. Cette initiative crée beaucoup de tension dans l’entreprise : il y aura du personnel volontaire qui va gagner le pactole et puis il y aura les grévistes qui vont toucher 50 fois moins pour leur journée. On s’étonne aussi que l’entreprise estime avoir les moyens d’offrir un package cadeau alors que, d’un autre côté, elle se plaint de la situation économique et elle nous dit qu’il faut réduire les coûts ».

Le groupe Total a réagi via communiqué et précise qu’il respecte, sur l’ensemble de ses sites, le droit de grève ainsi que l’ensemble des législations applicables, notamment en matière sociale. Que la priorité du groupe a toujours été d’assurer la sécurité des personnes et des installations.

Une nouvelle réunion avec la délégation syndicale du site est prévue ce jeudi. Et elle promet d’être tendue.

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