Grève dans les prisons: incidents à Tournai, la tension monte chez les détenus

Des incidents ont éclaté ce dimanche en fin d’après-midi à la prison de Tournai. La tension est palpable depuis plusieurs jours au sein de l’établissement, suite à la grève des gardiens de prison.

Depuis mardi dernier, en effet, les gardiens de la prison de Tournai ont cessé de travailler. Le centre pénitentiaire est actuellement géré par des hommes de la police du Tournaisis. Dès lors, depuis près d'une semaine, les activités des prisonniers (visites, préau, ateliers...) sont limitées au strict minimum.

Des portes dégradées, des matelas brûlés

Excédés par cette situation, les détenus de l'aile C ont chahuté dimanche en fin d'après-midi afin d'afficher leur mécontentement. Certains ont manifesté leur colère en dégradant leur cellule et parfois en mettant le feu à leur matelas. Des portes de cellules ont été dégradées. La situation a néanmoins été rapidement maîtrisée par la police sur place. Tout est sous contrôle, selon Michel Jacobs, secrétaire fédéral CGSP-AMIO, qui précise qu'il y a eu des dégâts matériels, mais pas de blessés.

L'aile C accueille quelque 110 personnes en détention préventive, en attente de leur jugement. Les incidents ont débuté vers 18h, heure à laquelle les prévenus ont commencé par tambouriner à coups de pieds contre les portes de leurs cellules. "Le bruit était infernal. C'était impressionnant. Vétustes, certaines portes ont cédé. Il y a eu d'autres dégâts matériels. Des renforts de police ont été appelés et sont intervenus afin de rétablir l'ordre. Il n'y a pas eu de blessé. Vers 20h, tout était rentré dans l'ordre", nous indiquait en soirée un gardien, délégué syndical, qui espérait que la situation ne soit pas relayée par l'aile des prisonniers condamnés.

A Namur aussi, les détenus dénoncent la situation

La grève des gardiens de prison, qui a débuté lundi dernier et se prolonge depuis dans les prisons francophones, a des conséquences sur les conditions de détention. Ces conditions sont variables en fonction des prisons. Vendredi, un détenu de la prison de Namur dénonçait une situation "inhumaine": "Depuis, lundi on n'est pas sorti de notre cellule. (...) C'est insupportable. (...) On a encore plus l'impression d'être coupé du monde. Si un détenu a un problème de santé, personne ne viendra l'aider. C'est inhumain comme situation."

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