Gerpinnes : opération de baguage de bébés hiboux Grands-Ducs

Une opération peu commune s’est déroulée, ce jeudi, sur le site de captage de Gerpinnes, propriété de la Société Wallonne des Eaux. Une équipe de l’Institut Royal des Sciences Naturelles a procédé au baguage de trois jeunes hiboux grands-ducs nés il y a quelques semaines. Le grand-duc, c’est le plus grand rapace nocturne du monde. Un redoutable prédateur qui peut s’attaquer à des animaux de la taille d’un lièvre, d’un renard et même d’un très jeune faon. Chassé par l’homme, il a totalement disparu pendant la plus grande partie du 20ème siècle avant de réapparaître doucement chez nous depuis une trentaine d’années. Sa présence est désormais durable mais surveillée de près.

Le baguage des jeunes permet aux scientifiques de suivre l’évolution de la population de celui qu’on appelle l’aigle de la nuit. Et, pour ce faire, les oisillons ont exceptionnellement été extraits du nid bien caché dans la falaise d’une ancienne carrière.

Paul Michaux, collaborateur de l’Institut Royal des Sciences Naturelles, explique pourquoi on retire les oisillons de leur couchette : "En principe, on bague dans le nid. On ne les remonte pas. Ici, on va les remonter pour que vous puissiez voir comment ça se passe. Comme ce sont des nocturnes, ils sont relativement calmes la journée puisqu’ils vivent la nuit."


L’opération est dirigée par Didier Van Geluwe, ornithologue à l’institut royal des sciences naturelles. Des baguages d’oiseaux, il en a fait des milliers. Toutefois, il le confie : "C’est toujours un moment d’émotion, un moment exceptionnel. On dit également qu’il est l’équivalent de l’aigle royal mais en version nocturne. Donc on peut être très heureux de ce qui se passe aujourd’hui. Mais, néanmoins, il faut toujours être prudent. Et c’est dans ce cadre-ci que l’on intervient. On essaie de suivre la population de manière à la surveiller. Si jamais une nouvelle menace pesait sur l’espèce, on pourrait tirer la sonnette d’alarme à temps. On l’a perdu une fois mais on n’a pas envie de les perdre une seconde fois."

Pesés, mesurés, identifiés, les jeunes hiboux sont replacés dans le nid après quelques minutes. Une escapade qui passera inaperçue pour les parents. Paul Michaux est catégorique : "Le mâle et la femelle sont cachés dans un creux de rocher et ils sont en train de nous observer. Les oiseaux en fait n’ont pas d’odorat. On les dérange peut-être un petit peu maintenant mais, dans une demi-heure, quand on sera parti, la femelle va venir voir ce qui se passe et, la nuit venue, elle va les nourrir à nouveau comme d’habitude."

Le taux de survie de cette espèce est malheureusement faible. Seul un hibou grand-duc sur deux passe le cap de la première année. Et, en 30 ans, ce sont désormais quelque 200 couples de grands-ducs qui ont élu domicile chez nous.

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